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Troupe de choc ou caisse de résonance?

(Keystone)

A 5 semaines du vote sur Schengen/Dublin, les bêtes noires de l’Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) restent l’UE et la politique étrangère de Berne.

Lors de son assemblée ordinaire samedi à Berne, ses délégués ont enjoignt le gouvernement «à cesser immédiatement cet abus de pouvoir qui porte atteinte à la démocratie».

Non à Schengen/Dublin lors de la votation du 5 juin 2005, annonce Hans Fehr, directeur de l’ASIN et conseiller national (député) de l’Union démocratique du centre (UDC / droite dure). «Nous, les Suisses, avons besoin d’une Suisse indépendante, mais l’Europe en a aussi besoin. Schengen, malheureusement, est la première étape vers l’adhésion à l’UE».

«Nous ne voulons pas nous battre pour le simple plaisir de la controverse politique; nous voulons nous battre pour que la Suisse puisse rester maître de ses décisions, poursuit-il. Nous avons été les moteurs du référendum contre Schengen. Je suis convaincu que nous pouvons inciter une majorité de la population suisse à voter non.»

D’abord anti-ONU puis anti-UE

C’est en 1986 que le comité d’action suisse contre une adhésion à l’ONU est entré pour la première fois en scène. Le succès a été au rendez-vous, puisque les citoyens ont alors refusé à plus de 75% l’entrée du pays dans les Nations Unies.

Le 19 juin 1986 à Berne, sous l’égide de Christoph Blocher, alors député UDC, le comité d’action contre l’adhésion de la Suisse à l’ONU s’est transformé en Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN).

En 1992, l’ASIN a été au premier rang des opposants à l’adhésion de la Suisse à l’Espace économique européen (EEE). L’ASIN déclare clairement la guerre à tout rapprochement de la Suisse avec l’Europe, que ce soit par la voie des bilatérales ou des négociations d’adhésion. «Bruxelles» est devenu l’ennemi numéro un de la droite nationaliste suisse en lieu et place du communisme.

Défenseurs de la Constitution fédérale

Même si les statuts de l’ASIN proclament la neutralité politique de l’organisation, ce sont depuis toujours les tenants de l’aile dure de l’UDC zurichoise qui donnent le ton: Christoph Blocher en a été le président et la figure charismatique jusqu’en mai 2004; Hans Fehr dirige l’association, les députés Christoph Mörgeli et Luzi Stamm siègent au sein du comité.

Hans Fehr voit dans l’ASIN une «troupe de combat, un lobby interpartis, qui entend rappeler que la Constitution suisse impose au gouvernement et au Parlement de défendre la liberté, l’indépendance et la neutralité de la Suisse. Malheureusement, la politique de la Suisse officielle de Berne va exactement dans le sens contraire».

Et qu’en est-il de l’ex-président de l’ASIN et ministre Blocher? «Il fait dans toute la mesure du possible notre travail au gouvernement et il le fait bien», explique Hans Fehr. Mais l’ASIN, en tant que lobby indépendant des partis et gardien de l’indépendance, de la neutralité et de l’autodétermination suisse, garde toute sa raison d’être.

Consolider l’identité

Pour Hans Hirter, politologue bernois, l’ASIN est moins une «troupe de combat» voire une «troupe de choc de l’UDC», comme on le répète souvent. «qu’une caisse de résonance des partisans d’une politique étrangère strictement isolationniste, qui ne sentent pas représentés par leur parti politique traditionnel sur ce point», explique-t-il à swissinfo.

L’ASIN est au fond une «organisation tranquille», qui se manifeste dans certaines situations, comme par exemple lors de campagnes de collecte de signatures, «mais elle n’est sûrement pas une troupe de choc qui serait constamment au front. L’UDC et ses députés Hans Fehr et Ulrich Schlüer jouent bien davantage ce rôle».

«Je pense que les membres de l’ASIN ressentent l’organisation comme une grande famille où l’on s’échange des nouvelles, estime encore Hans Hirter. L’ASIN donne à ses membres une identité.»

Wienerli contre signatures...

«Avec Schengen, on veut rouler le citoyen suisse, juge Hans Fehr. On nous promet davantage de sécurité, alors qu’en réalité on veut démanteler les contrôles aux frontières voire supprimer les frontières et ouvrir notre pays à qui voudra quand bon lui semble»,

«Non seulement nous serons moins en sécurité, mais les Suisses perdront leur travail, poursuit-il. C’est le résultat de la politique étrangère totalement erronée menée par la Confédération. On veut à tout prix que notre pays s’adapte et le faire entrer dans le moule de l’Union européenne.»

C’est la raison pour laquelle l’ASIN, conjointement avec l’UDC et d’autres organisations de la droite nationaliste, a, fin octobre dernier, lancé le référendum contre l’adhésion à Schengen et la libre circulation des personnes, référendum qui a abouti assez rapidement.

Pour parvenir à ses fins, l’ASIN n’a pas lésiné sur les moyens: au moment du lancement de la campagne: 4200 wienerli ont été distribuées aux passants aux quatre coins de la Suisse et 7000 signatures ont été rapidement recueillies.

Un mot sur l’extrémisme

Il a été souvent reproché à l’ASIN sa trop grande proximité avec les milieux d’extrême-droite. L’adresse Internet de l’ASIN figure dans la page lien du réseau de Thule, un réseau de communication de l’extrême-droite allemande et des mouvements néo-nazis. Ce lien n’émane pas de l’ASIN justifie son directeur général.

«Nous évoluons strictement dans le cadre de la Constitution et de la démocratie, se défend Hans Fehr. Si les autres, le gouvernement et les autres partis, eux oublient la Constitution, c’est très regrettable. Mais vous devez vous rendre compte qu’en défendant avec conséquence notre politique, nous attirons des gens que nous ne souhaiterions absolument pas compter dans nos rangs.»

C’est la raison pour laquelle l’ASIN mentionne en introduction de ses statuts que les extrémistes quels qu’ils soient n’ont absolument pas leur place dans l’organisation. «Nous ne les voulons pas au sein de l’ASIN», conclut son directeur.

swissinfo, Jean-Michel Berthoud
(Traduction: Bertrand Baumann)

Faits

19.06.1986: fondation de l’ASIN
Forme d’organisation: association
Premier président jusqu’au 15.05.2004: Christoph Blocher
1992: première grande campagne en prélude à la votation populaire sur l’EEE
Nombre de membres en 2004: 34'009

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En bref

- En allemand, le nom du bulletin de l’ASIN «Grauer Brief» (lettre grise) fait une allusion aux «zones grises de la politique étrangère suisse» sur lesquelles l’ASIN entend faire toute la lumière, comme l’écrit l’ASIN.

- Le «bulletin»de l’ASIN a actuellement un tirage de 36’000 exemplaires. Il est publié six fois par année dans les trois langues officielles de la Suisse.

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