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Tsiganes discriminés: de la sympathie et alors?

La place d'accueil des Gens du voyage à Rennaz, près de Villeneuve, dans le canton de Vaud.

(Keystone)

Le Conseil fédéral a exprimé sa profonde sympathie aux Tsiganes après la publication de l'étude complémentaire de la Commission Bergier sur l'attitude de la Suisse pendant la guerre. Les Gens du voyage s'estiment toujours victimes de discrimination.


«Je suis horrifiée et cette sympathie me fait mal. Si on nous croit enfin, tant mieux, mais on ne peut rien réparer», Ushi Walser, présidente de la Fondation Nachet Jenische ne peut oublier son destin d'enfant arrachée à ses parents et privée de sa culture.

Ce témoignage aurait très bien pu trouver sa place dans cette étude. Le travail de la Commission indépendante d'experts "Suisse - Seconde Guerre mondiale" révèle en effet que l'histoire des communautés Roms, Sinti et Jenisch reste très lacunaire. Faute de sources écrites, les historiens ont dû se rabattre sur des récits individuels et des études de cas particuliers.

Une grande part des difficultés tient aussi à la politique de la porte close aux Gens du voyage, pratiquée par les autorités helvétiques depuis le début du XXe siècle. La Suisse est ainsi l'un des premiers Etats à avoir édicté des dispositions limitant la liberté de mouvement des Tsiganes. Entraves qui n'ont été levées qu'en 1972. Pendant les années 30 et 40, les historiens indiquent que la Suisse tendait à exclure du territoire les Tsiganes étrangers, apatrides et mêmes helvétiques.

Le travail de vérité va se poursuivre par l'exploitation des archives cantonales. De son côté, le Fonds national suisse de la recherche scientifique a lancé en août dernier un programme de recherche sur l'intégration et l'exclusion qui traitera de ces problèmes.

Tout cela pour permettre aux autorités et aux associations privées d'assumer leurs responsabilités. «Afin, nous a précisé le porte-parole du gouvernement, Achille Casanova, de ne jamais répéter les erreurs ayant pu être commises.»

Ces erreurs sont également reconnues par Heinz Bruni, secrétaire général de Pro Juventute: «Ce qui a été écrit à propos de la politique d'enlèvement et d'assimilation forcée des enfants tsiganes pratiquée par Pro Juventute dès 1926 est vrai. Nous le reconnaissons et le regrettons.»

May Bittel, membre de la Commission fédérale contre le racisme et président de la Mission tsigane en Suisse, reconnaît l'importance du travail de vérité. «Les excuses, je peux les accepter en ce qui me concerne, mais pour autant qu'on nous rende justice sur le plan légal. Il est vrai qu'on ne nous vole plus nos enfants, mais on nous interdit de vivre notre vie.»

En 1997, le gouvernement a créé la Fondation «Assurer l'avenir des gens du voyage suisses». Il finance un fonds de recherche ainsi qu'un fonds d'indemnisation des victimes. Vendredi, il a répété sa détermination à poursuivre «ses efforts pour améliorer les conditions de vie des gens du voyage». Les Tsiganes attendent d'être reconnus, eux et leur mode de vie.

Isabelle Eichenberger

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