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UBS doit encore regagner la confiance des clients



La mine réjouie d'Oswald Grübel.

La mine réjouie d'Oswald Grübel.

(Keystone)

En affichant deux milliards de bénéfice au second trimestre 2010, la plus grosse banque de Suisse affirme revenir bientôt à la normalité. Reste à endiguer les sorties d’argent et à rétablir la confiance, avertissent experts et éditorialistes.

Au deuxième trimestre, UBS dépasse toutes les prévisions, en affichant un bénéfice presque double de celui que les analystes lui prédisaient. Avec ces deux milliards, la banque bat son rival Credit Suisse, qui annonçait la semaine dernière un bénéfice de 1,6 milliards.

Et Oswald Grübel, patron d’UBS, n’a pas manqué de le souligner lundi. «Nous voulons que les gens soient conscients quand ils entrent dans une de nos succursales, qu’UBS est la plus grande banque de Suisse», a-t-il dit, en allusion à Credit Suisse, dont il était encore le patron en 2001.

Trois sur quatre

Prudent, Hans Geiger, professeur émérite de l’Institut bancaire suisse de l’Université de Zurich estime que la banque doit encore passer l’obstacle des retraits de fonds de la clientèle avant de pouvoir vraiment s’estimer tirée d’affaire.

«Il y avait quatre problèmes, et UBS n’en a pour l’heure résolu que trois, explique-t-il à swissinfo.ch. La banque est bénéficiaire, elle est mieux capitalisée contre les risques et elle a réglé ses affaires légales». Mais pour revenir à des entrées d’argent qui compensent les sorties, «cela prendra encore un peu de temps», avertit l’expert zurichois.

Hans Geiger est d’accord avec UBS pour estimer que les retraits d’argent de la clientèle fortunée, qui ont déjà ralenti, devraient cesser vers la fin de l’année. Mais ensuite, la banque devrait attirer de nouvelles entrées d’argent pour atteindre le même niveau que ses rivales – et le processus devrait là aussi prendre quelques temps.

Le cœur des Suisses

UBS a encore une solide réputation en Asie, où les gens fortunés continuent à y déposer leurs avoirs, même si le rythme s’est un peu ralenti. Mais la confiance est telle dans cette région que la banque prévoit d’y créer 2200 emplois en trois ans, qui porteraient ses effectifs locaux à 9500 personnes. Aux Etats-Unis par contre, UBS continue à perdre des actifs.

Mais c’est près de chez elle que la banque enregistre les plus gros retraits, avec les clients européens qui ferment leurs comptes en Suisse.

Et Hans Geiger pense qu’UBS devrait d’abord se concentrer sur la tâche de regagner le cœur des Suisses, qui eux aussi continuent à retirer leur argent.

Avis partagé par l’éditorialiste du Tages Anzeiger et de la Berner Zeitung, pour qui «les citoyennes et citoyens de ce pays ne savent pas non plus s’ils peuvent faire confiance à ces nouveaux banquiers (qui en règle générale, sont les anciens)».

Victoire d’étape

«Une hirondelle ne fait pas le printemps, avertissent les deux quotidiens alémaniques. Les chiffres du deuxième trimestre sont bons, mais ils ne disent rien d’un futur développement durable».

Dans le même sens, le journal romand Le Temps écrit qu’«UBS a remporté une première victoire d’étape […] mais il en reste une autre, qui sera d’enrayer définitivement les sorties de fonds. Et cela prendra du temps, car contrairement aux restructurations, regagner la confiance des clients ne se décrète pas».

«Sauveurs de la nation»

Plus radicale, La Regione Ticino, rappelle que les résultats «annoncés sur un ton de triomphe» par des dirigeants d’UBS vont se traduire pour eux en des «bonus sonnants et trébuchants». Et eux qui ont fait le «beau geste» d’y renoncer pendant la tempête, pourront bientôt se poser en «sauveurs de la nation».

«Tant mieux pour eux, note le quotidien italophone, et tant pis pour les actionnaires, qui ne verront encore pas un franc de dividende». Et d’ajouter, un peu amer, que «quand il s’agit de renflouer la banque, seuls les fonds des actionnaires et de la Confédération (soit de nous tous) sont assez bons, mais pas ceux des managers».

Et La Regione d’ajouter que ces considérations «que certains taxeraient de populisme» relèvent plutôt «de l’élémentaire bon sens» et que dans toute cette affaire, il y a quand même «quelque chose qui ne joue pas».

Matthew Allen et Marc-André Miserez, swissinfo.ch

Banque dans la tourmente

UBS a été la banque européenne la plus touchée par la crise des subprimes aux Etats-Unis. Entre la fin 2007 et 2009, elle a perdu quelque 50 milliards de dollars.

L’année 2008 a été la pire de son histoire, avec une perte de 21 milliards de francs suisses.

En 2009, UBS a admis avoir aidé des clients américains à frauder le fisc et a dû payer une gigantesque amende. Elle a également violé le secret bancaire helvétique en livrant aux autorités américaines les données confidentielles de milliers de ses clients.

Entre 2008 et 2009, UBS a perdu environ 200 milliards de francs d’avoirs retirés par des individus et des institutions qui n’avaient plus confiance en elle.

Le dernier trimestre de 2009 a toutefois amené quelques signes encourageants, avec un bénéfice de 1,2 milliard de francs, même si l’année entière se soldait pas un déficit de 2,47 milliards.

Le premier trimestre 2010 a vu la tendance se confirmer, avec un bénéfice de 2,2 milliards. Les chiffres du deuxième trimestre sont un peu en recul (un peu plus de 2 milliards), mais les conditions ont été considérablement plus difficiles pour toutes les banques durant cette période.

En juin, le Parlement helvétique a finalement ratifié l’accord entre la Suisse et les Etats-Unis pour la livraison par UBS des dossiers de 4450 clients dans le collimateur du fisc américain. A l’heure actuelle, plus de la moitié de ces dossiers ont déjà été transmis.

Le mouvement de retrait de capitaux par les clients d’UBS se poursuit, mais le rythme ralentit. Du premier au second trimestre 2010, les sorties ont passé de 7,2 à 2,6 milliards de francs aux Etats-Unis et de 8,2 à 5,5 milliards dans le reste du monde. Plusieurs analystes estiment que cette hémorragie pourrait avoir cessé à la fin de l’année.

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