Ukraine: intenses bombardements russes sur Kiev, au moins un mort
De violents bombardements ont frappé Kiev dimanche, faisant au moins un mort selon l'AFP, quelques jours après une attaque ukrainienne meurtrière contre un lycée dans une zone occupée par la Russie. Vladimir Poutine avait promis une riposte militaire.
(Keystone-ATS) Ces attaques nocturnes par des dizaines de missiles balistiques, de croisière et de drones ont fait au moins un mort et 21 blessés, dont 13 ont été hospitalisés et trois sont dans un état grave, a écrit sur Telegram le maire de la capitale Vitali Klitschko.
Des journalistes de l’AFP à Kiev ont entendu plusieurs séries d’explosions qui ont fait trembler les immeubles, et vu des balles traçantes fendre le ciel noir. Ils ont également entendu des tirs de mitrailleuse tentant vraisemblablement d’abattre un drone vrombissant au-dessus du centre-ville.
Quelques heures plus tôt, le président ukrainien Volodymyr Zelensky et l’ambassade des Etats-Unis à Kiev s’étaient inquiétés de la possibilité d’une frappe russe imminente contre le pays.
Selon le maire de Kiev, une école a été touchée dans le quartier de Shevchenkivsky, et une frappe «à proximité» d’un autre établissement scolaire a entraîné le blocage, par des débris, de l’entrée d’un abri où sont réfugiés des habitants.
Une alerte aérienne a été déclenchée dans toute l’Ukraine. L’attaque «massive» contre la capitale mobilise «des missiles de divers types et des drones», a indiqué l’armée ukrainienne.
Dans le centre de l’Ukraine, des bombardements russes ont fait au moins sept blessés dans la région de Dnipropetrovsk, et onze dans celle de Tcherkassy, selon les autorités régionales.
Mise en garde
«Nous voyons des signes de préparations pour une frappe combinée sur le territoire ukrainien, y compris Kiev, impliquant divers types d’armes», notamment le missile Orechnik de portée intermédiaire, avait mis en garde samedi le président Zelensky, appelant la population à «agir avec responsabilité» et à se rendre dans les abris en cas d’alerte.
L’ambassade américaine à Kiev avait également «reçu des informations concernant une attaque aérienne potentiellement importante qui pourrait survenir à tout moment», selon un communiqué sur son site internet.
L’armée russe a déployé l’Orechnik, son missile hypersonique le plus récent à capacité nucléaire, l’année dernière au Bélarus. Ce pays allié de Moscou est frontalier de trois Etats membres de l’Otan et de l’Union européenne – la Pologne, la Lituanie et la Lettonie – ainsi que de l’Ukraine.
Moscou a déjà employé l’Orechnik à deux reprises depuis le début de son invasion de l’Ukraine en février 2022: en novembre 2024 contre une usine militaire, et en janvier 2026 contre une usine aéronautique de l’ouest de l’Ukraine, près des frontières de l’Alliance atlantique. Dans les deux cas, les missiles n’étaient pas chargés d’ogives nucléaires.
Le président russe Vladimir Poutine avait promis une réponse militaire après une frappe de drones ukrainiens dans la nuit de jeudi à vendredi sur des bâtiments éducatifs de Starobilsk, dans la région ukrainienne de Lougansk (est) occupée par Moscou, qui a fait au moins 18 morts et plus de 40 blessés.
Kiev a démenti avoir visé des cibles civiles et a affirmé avoir frappé une unité russe de drones stationnée dans la région.
Le président Zelensky a appelé la communauté internationale à faire «pression» sur la Russie pour la dissuader d’une telle attaque et prévenu que l’Ukraine «répondrait entièrement et de manière égale à chaque frappe russe».