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Un apprentissage pour réfugié

Un pas vers une meilleure intégration des réfugiés?

(Keystone)

Pour diminuer le nombre de dépendants de l'aide sociale, le ministre suisse Christoph Blocher propose de créer un «apprentissage pour réfugié».

Interrogée par swissinfo, l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) réagit à priori positivement et parle d'un pas dans la bonne direction.

«La formation durerait entre six mois et un an. Elle permettrait d'accéder à un métier simple et adapté au réfugié concerné», explique le chef du Département fédéral de justice et police (DFJP) dans un entretien au «Matin dimanche» et à l'hebdomadaire dominical «SonntagsBlick».

Christoph Blocher cite un exemple: «Prenez un réfugié venant d'Ukraine. Admettons qu'il ait travaillé là-bas dans la construction. Il doit apprendre notre langue - ses rudiments au moins - ainsi qu'un savoir-faire, peut-être seulement celui d'un manoeuvre».

Un intellectuel pourrait, au début, «travailler là où on aurait besoin de lui, comme traducteur, pourquoi pas. Mais si on en n'a pas l'utilité, il faudrait alors le former dans un autre domaine. Dans l'hôtellerie par exemple», propose encore le démocrate du centre (UDC, droite dure).

Durcissement de la loi

Réagissant à chaud, le porte-parole de l'OSAR a estimé dimanche qu'il s'agissait «d'un pas dans la bonne direction». Pour Yann Golay, «il faut absolument favoriser l'accès à l'apprentissage pour les réfugiés».

Le porte-parole juge toutefois que cette idée «contraste un peu avec les décisions du parlement de durcir la loi sur l'asile».

Cette semaine, les Chambres fédérales ont en effet refusé - sur proposition de Christoph Blocher – d'introduire l'admission humanitaire. Ce statut, cher à la gauche, aurait facilité le regroupement familial ainsi que la recherche d'un emploi.

Dans le «SonntagsBlick», le président du Parti socialiste accueille aussi positivement le projet.

«Nous saluons tout ce qui peut contribuer à améliorer l'intégration des étrangers», déclare Hans-Jürg Fehr, qui se dit toutefois étonné de voir qu'une telle proposition provient du même Christoph Blocher qui «pendant des années a tenu des propos totalement opposés».

Décharger l'aide sociale

Avec son projet, le ministre de la justice et de la police espère notamment décharger l'aide sociale. La formation serait «offerte par l'Etat, en collaboration avec l'économie. Ce qui reviendrait moins cher que d'avoir quelqu'un qui dépend de l'aide sociale», précise Christoph Blocher.

Dans le même temps, le DFJP prépare un programme «qui permettra d'économiser 200 millions par an» dans le domaine de l'asile, affirme le chef du département. Il s'agit de «réduire la taille des structures trop grandes sans baisser le niveau des prestations».

Ces économies sont à mettre relation avec la diminution attendue des demandes d'asile qui devraient atteindre le chiffre de 10'000, précise Livio Zanolari, porte-parole du DFJP. L'année dernière, 14'000 demandes d'asile avaient été déposées.

swissinfo et les agences

En bref

Durcissement de la politique d'asile:

- Cette semaine, le parlement a refusé d'introduire l'admission humanitaire. Il s'est contenté de retoucher le régime actuel de l'admission provisoire.

- Les requérants déboutés risquent à l'avenir de passer jusqu'à deux ans derrière les barreaux s'ils entravent leur renvoi. C'est deux fois plus qu'avant.

- Les requérants d'asile déboutés n'ont plus droit à l'aide sociale.

- A l'avenir, la Suisse refusera en principe d'entrer en matière sur les demandes déposées par des sans-papiers.

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