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Un artiste du dribble à la tête de la Nati

Köbi Kuhn (à gauche), en 1976, lors d'un match de qualification pour la Coupe du monde contre la Norvège.

(Keystone Archive)

Mais qui est Köbi Kuhn, le tout nouveau coach de l'équipe de Suisse? Un joueur qui, dans les années 60-70, éleva au rang d'art la pratique du football. Autant au sein du FC Zurich qu'en équipe nationale. Portrait du footballeur.

Souvenez-vous, en 1971, à Bâle, la Suisse est en train de perdre contre l'Angleterre, alors qu'une place qualificative pour l'Euro 72 est en jeu. A mi-terrain, Köbi Kuhn dribble quatre Anglais dans un mouchoir de poche. Et décoche un tir des 30 mètres qui frappe le poteau anglais, alors que Gordon Banks est battu.

Toute la carrière de Jakob (dit Köbi) Kuhn se résume dans cette éblouissante séquence de jeu. Avec son éternel no 6 frappé dans le dos, il orchestrait aussi bien le milieu de terrain du FC Zurich que celui de l'équipe nationale suisse de football.

L'homme avait une technique exceptionnelle. Toutes les balles passaient par lui. Il orientait le jeu intelligemment. Et ce n'est pas pour rien qu'il fut convié plusieurs fois avec la sélection mondiale pour des matches de galas.

A la fin des années 60, en équipe nationale, Kuhn forma avec Odermatt, l'un des duos (4-2-4) les plus performants d'Europe. Puis, au début des années 70, avec Rolf Blättler, l'un des trios (4-3-3) les plus enviés du Vieux Continent.

Mais ni l'un ni l'autre n'ont fait carrière dans un club étranger. Car, à cette époque, ce genre de transfert n'était pas encore en vogue en Suisse.

Reste qu'en 1963, puis en 1977, Kuhn disputa avec le FC Zurich deux demi-finales de la Coupe d'Europe des clubs champions (aujourd'hui Ligue des champions), respectivement contre le Real Madrid de Di Stefano (huit Coupes des champions) et le Liverpool de Keegan (trois Coupes des champions).

L'homme participa également à la phase finale de la Coupe du monde en 1966 en Angleterre. Où la Suisse fut éliminée, après ses premiers trois matches de poule.

C'est à la suite d'une sortie nocturne à Sheffield que Kuhn fut blâmé pour indiscipline. Son incartade lui valut de ne compter finalement que 63 sélections en équipe nationale.

Ce qui n'empêcha pas l'ASF et les coaches de nommer Kuhn capitaine de l'équipe de Suisse pour les matches à l'extérieur. Alors qu'Odermatt, lui, endossait le capitanat à domicile.

Mais, curieusement, Köbi Kuhn n'a quasiment jamais été capitaine dans son propre club, le FC Zurich. C'est en effet à Fritz Künzli que revenait cet honneur. Lui aussi international et grand chasseur de buts.

C'était d'ailleurs l'époque des trois «K» au FCZ, avec Kuhn, Künzli et Konietzka, entraîneur-joueur des plus réalistes. Un trio qui permit au FCZ de soutenir la comparaison avec le grand Bâle d'Odermatt.

En effet, de 1963 à 1977, le FCZ remporta six titres de champion national et cinq Coupes de Suisse. A lui seul, Köbi Kuhn disputa près de 500 matches avec son club.

Kuhn restera à jamais gravé dans les mémoires comme un joueur surdoué, doublé d'une grande gentillesse, d'une réelle modestie et d'une parfaite fidélité. A l'image de Pelé avec le FC Santos, Kuhn ne connut qu'un seul club, le FC Zurich.

Placé dans le contexte d'aujourd'hui, Kuhn aurait certainement pu jouer au Real de Madrid. Pourquoi le Real plutôt qu'un autre grand d'Italie? Parce que le FC Zurich jouait lui aussi tout de blanc vêtu. Un blanc qui symbolisait la pureté du geste.

Oui, Kuhn fut un grand artiste du ballon rond. Peut-être le meilleur milieu de terrain de l'histoire suisse. D'ailleurs, on le surnommait «Dribbelkünstler» sur les bords de la Limmat.

Certes, le football a changé. Mais, balle au pied, les meilleurs joueurs d'hier, comme ceux d'aujourd'hui, n'arrivent pas à la cheville de Köbi.

De par son jeu et sa position, Johann Vogel est le seul qui tendrait à s'en approcher.

Emmanuel Manzi


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