Un coffre-fort, une liasse de billets et un tampon de l'UBS

L'étau se resserre autour de Charles Pasqua. Keystone Archive

La justice suisse, qui enquête sur des ventes d'armes vers l'Angola, n'a pas pu prouver que l'ancien ministre français Charles Pasqua détenait un compte dans la Confédération. Mais autour d'une liasse de billets, les enquêteurs ont retrouvé à Paris un ruban portant le tampon de l'UBS.

Ce contenu a été publié le 13 octobre 2001 - 12:00

L'enquête sur les ventes de munitions à l'Angola, pays en guerre, continue de faire des victimes dans la classe politique française, à gauche, comme à droite. Après Jean-Christophe Mitterrand, fils de l'ancien président français, c'était au tour de Charles Pasqua, ancien ministre de l'Intérieur, d'avoir des ennuis avec la justice.

Philippe Courroye et Isabelle Prévost-Desprez, les deux juges français en charge du dossier, viennent d'inculper Marie-Danièle Faure, secrétaire particulière de Charles Pasqua, pour «faux et usage».

Elle est soupçonnée d'avoir antidaté des courriers au sein de l'association France-Orient, liée à l'ancien ministre. Cette association est présidée par Bernard Guillet, conseiller diplomatique de Charles Pasqua, également inculpé pour «recel d'abus de biens sociaux».

9000 dollars dans un coffre

Plus significatif: lors de la perquisition à France-Orient, domiciliée rue de Berri, dans le huitième arrondissement à Paris, les enquêteurs ont découvert dans un coffre 9000 dollars. La somme n'est, certes, pas considérable, mais le ruban intéresse la justice, car il porte le tampon d'une banque suisse, l'UBS.

Il y a quelques mois, une autre collaboratrice de Charles Pasqua, Sabine de La Laurencie, reconnaissait qu'elle avait ramené une mallette de Suisse, à la demande de Bernard Guillet, le conseiller diplomatique de Pasqua. «Je suis allée à Genève où, dans l'aéroport, j'ai rencontré quelqu'un que je ne connaissais pas. Il m'a remis une mallette qui était fermée avec un code», raconte-t-elle.

Pêche fructueuse

Daniel Devaud, juge d'instruction genevois, également en charge du dossier des ventes d'armes à l'Angola, a demandé aux banques en Suisse de lui signaler si Charles Pasqua, et huit autres personnes, dont son fils Pierre, «sont ou ont été titulaires de comptes, dépôts-titres, comptes métal, dépôts fiduciaires».

La pêche a été fructueuse, puisque la justice suisse a mis la main sur des comptes appartenant à deux proches collaborateurs de Charles Pasqua: l'ancien préfet Jean-Charles Marchiani, et Etienne Léandri, ainsi que sur les économies de Pierre Pasqua à Genève. En revanche, rien n'a encore été trouvé concernant l'ancien ministre de l'Intérieur, candidat aux élections présidentielles de 2002.

Ian Hamel

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