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Un doyen de la diplomatie suisse disparaît

Edouard Brunner, un professionnel de haut vol durant 40 ans au service de la diplomatie suisse.

(RDB)

Edouard Brunner est mort dimanche des suites d'une grave maladie à l'âge de 75 ans. Il fut l'un des diplomates suisses les plus profilés et marqua de son empreinte la politique étrangère helvétique.

L'ancien secrétaire d'Etat, ambassadeur à Washington et à Paris, s'était notamment illustré comme négociateur suisse à la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE).

Edouard Brunner est décédé dimanche des suites d'une grave maladie à son domicile dans la région de Nyon (canton de Vaud), a indiqué Jean-Philippe Jeannerat, porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

«C'était une place qui était très sollicitée, et je l'ai désigné parce qu'il avait un don de diplomatie, se souvient Pierre Aubert, chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) entre 1977 et 1987. Edouard Brunner était un homme très subtil et avait toutes les vertus pour devenir secrétaire d'Etat.»

Autre ancien secrétaire d'Etat, Franz Blankart estime qu'Edouard Brunner aura été «l'un des plus brillants diplomates de l'après-guerre froide». «Un maître dans son domaine», comme le qualifait il y a quelques années l'ambassadeur Paul Widmer.

Originaire de Berne, Edouard Brunner était né à Istanbul. Après des études de droit à Genève, il est entré au DFAE en 1956. Au début de sa carrière diplomatique, il a notamment occupé des postes à Bogota, Washington, Varsovie et La Haye, puis auprès de l'ONU à New York.

De 1972 à 1978, ce diplomate de haut vol a travaillé à plusieurs reprises comme suppléant du chef de la délégation suisse à la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE).

Sa participation aux négociations qui ont abouti en 1975 à la signature par 35 Etats de l'Acte final d'Helsinki restait d'ailleurs un de ses meilleurs souvenirs professionnels.

Tous les échelons

En 1980, Edouard Brunner a été nommé chef de la Division politique I, chargée des relations avec les pays d'Europe et d'Amérique du Nord.

En 1984, il est devenu chef de la Direction politique avec le titre de secrétaire d'Etat, c'est-à-dire numéro 2 du département après son chef d'alors, le ministre neuchâtelois Pierre Aubert.

Edouard Brunner a occupé ce poste pendant cinq ans. Il assumait alors la responsabilité de toutes les affaires importantes touchant la politique étrangère. Pour lui, le «non» populaire de 1986 à l'adhésion de la Suisse à l'ONU a été le principal échec de cette période.

En 1989, Edouard Brunner quittait Berne pour devenir ambassadeur à Washington. Le nouveau ministre des affaires étrangères René Felber jugeait qu'il avait pris trop d'ascendant sur le DFAE et s'entendait mal avec lui.

En 1993, le Bernois était muté à Paris, où il a aussi été délégué permanent de la Suisse auprès de l'UNESCO dès 1994. Sa retraite, il l'a prise en mars 1997.

Proche-Orient et Géorgie

Largement reconnues à l'intérieur, les qualités de négociateur d'Edouard Brunner l'étaient aussi au niveau international. Il a ainsi été représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour le Proche-Orient de 1991 à 1993, puis pour la Géorgie de 1993 à 1997.

Dans cette dernière crise et malgré ses efforts, Edouard Brunner n'est pas parvenu à rapprocher les points de vue entre Géorgiens et sécessionnistes abkhazes.

Avec, toujours, la diplomatie dans le sang, Edouard Brunner a aussi présidé la Commission d'étude pour les questions stratégiques, appelée à repenser la politique de sécurité de la Suisse après la fin de la guerre froide.

Dans son rapport présenté en 1998, cette commission de 42 membres préconisait notamment un engagement international accru et une réduction des effectifs de l'armée et de la protection civile.

Avec l'ONU ou le CIO

Edouard Brunner a encore dirigé une commission d'étude sur les services de renseignements de l'armée. Dans son rapport de février 2000, la Commission recommandait que ces services soient professionnalisés et démilitarisés pour devenir plus efficaces.

Après sa retraite, Edouard Brunner a collaboré au rapprochement entre les universités de Genève et de Lausanne. Il a aussi conseillé le Comité international olympique (CIO) pour les affaires internationales, ainsi que la banque américaine Merrill Lynch pour le développement de sa succursale en Suisse.

swissinfo et les agences

Faits

Edouard Brunner est né en 1932 à Istanbul.
Fort d'une licence en droit de l'Université de Genève, il entre au ministère suisse des affaires étrangères (DFAE) en 1956. Il occupe notamment le poste de secrétaire d'Etat et d'ambassadeur à Washington, à Paris et auprès de l'ONU.
En 1991, Edouard Brunner est nommé représentant spécial des Nations Unies au Proche-Orient. Par la suite, il prend la fonction d'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU pour la Georgie et l'Abkhazie.
Depuis sa retraite du DFAE en 1997, il continue de suivre activement les affaires du monde et publie en 2002 ses mémoires sous le titre «Lambris dorés et coulisses».

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