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Un label pour assainir le «clubbing»

L'effet Arnold Meyer se fait déjà sentir sur la scène techno zurichoise.

(Keystone Archive)

Le label «Safe Clubbing» sera officiellement déposé ce mois. Il certifiera que les clubs respectent un certain nombre de règles de sécurité en matière de drogue.

Le label, qui réunit les principaux clubs techno de Zurich, devrait faire son chemin dans le reste de la Suisse.

«L’idée a germé ce printemps, alors qu’on faisait du ‘drug testing’ dans les clubs de Zurich», raconte Mireille Stauffer, travailleuse sociale de Streetwork Zurich.

«Nous avons voulu responsabiliser les clubs», poursuit-elle. Et les inciter à respecter des règles de limitation des risques (drogues, sida, alcool, troubles auditifs, etc.) et à mieux former leur personnel.

Pour les milieux de la prévention, il est important de travailler de concert avec les clubs ou les organisateurs de grands événements techno. Un label de qualité va justement créer ce lien indispensable.

Baptisé «Safe Clubbing», il est géré par une association éponyme, présidée par le Zurichois Arnold Meyer, qui lui offre ainsi sa réputation de pape de la techno suisse.

«Si nous pouvons faire en sorte que les jeunes consomment moins ou du moins ne mélangent pas les substances, c’est déjà ça», déclare le promoteur de plusieurs clubs zurichois et fondateur d’Energy, la société qui organise notamment la gigantesque soirée techno qui fait suite à la Street Parade.

Lutter ensemble

Et l’effet Meyer se fait déjà sentir, puisque la plupart des clubs techno zurichois ont accepté de participer à l’opération, malgré quelques réticences. Le club chic Kaufleuten, par exemple, craint d’être assimilé à la consommation de drogue s’il accepte le label.

Outre le Rohstofflager, la Tonimolkerei et Energy, les trois clubs du clan Meyer, l’Oxa, le Spider Galaxy, le Labyrinth et le Palais Extra ont déjà accepté. «Les autres devraient suivre», espère Mireille Stauffer.

Les clubs ont compris qu’ils avaient intérêt à lutter ensemble pour ne pas perdre leur renommée et enterrer du même coup la culture techno.

C’est que cette scène est largement décrite en des termes négatifs. Les raccourcis comme «techno égale ecstasy» sont nombreux. Et pour ne rien arranger, la cupidité des propriétaires de clubs est souvent mise en avant.

Ils sont souvent accusés de ne rien faire pour limiter les risques liés à la consommation de drogues, si ce n’est de l’ignorer totalement.

Le mot d’ordre de «Safe Clubbing» est donc «Ni ignorance, ni répression». Et cela dans le but d’offrir le meilleur cadre possible à la fête.

Les directives

Pour obtenir le label «Safe Clubbing», les clubs doivent s’engager à coopérer avec les organisations de prévention. Notamment en ce qui concerne la diffusion de l’information si une drogue ou un nouveau mode de consommation dangereux circulent.

Le public doit avoir à disposition des brochures d’information, des tampons auriculaires, des préservatifs, de l’eau fraîche gratuite et une ou deux boissons sans alcool moins chères que la bière.

La sécurité et les organisateurs doivent être formés aux premiers secours. Streetwork donnera pour sa part des cours aux préposés au bar, qui devront pouvoir repérer les clients à risques et refuser de leur servir de l’alcool.

Pas encore gagné

Si le label semble bien engagé à Zurich, Jakob Huber, initiateur de «Pilot p», projet de «drug testing» bernois, regrette que les relations avec les clubs de son canton soient plus difficiles aujourd’hui qu’il y a 5 ans, au début de l’expérience.

Le «drug testing» se fait toujours dans un cadre strictement préventif et les clubs qui l’acceptent s’engagent aussi à respecter certaines règles de limitation des risques.

«Ça se passe bien à Bienne, mais c’est plus tendu avec les clubs de Berne», poursuit Eric Moser, actuel responsable de ‘Pilot p’. Il pense néanmoins que le label «Safe Clubbing» pourrait être accepté dans la capitale aussi.

Autre son de cloche dans le canton de Vaud, selon Léonie Chinet, psychologue et militante de Prevtech, association privée active dans la prévention en Romandie.

«Nous avons des difficultés incroyables à nous faire accepter par les organisateurs. Et il y a encore des endroits où il n’y a toujours pas d’eau fraîche à disposition, s’indigne-t-elle. Cela ne devrait pas être notre boulot que de faire respecter des consignes de sécurité sanitaire aussi minimales.»

Mais Mireille Stauffer garde bon espoir de faire franchir la Sarine à son label. Bienne pourrait en être la tête de pont.

swissinfo, Anne Rubin

En bref

- L’inscription à «Safe Clubbing» coûtera 1000 francs pour un club. Ensuite, il en coûtera 550 francs par an pour pouvoir arborer le label.

- Le club reçoit une liste de directives à suivre. Quand le club est prêt, deux contrôleurs indépendants vont évaluer les mesures mises en place.

- Si le niveau exigé par le label n’est pas atteint, un nouveau contrôle sera fait ultérieurement.

- Ensuite, deux contrôles par an seront effectués. Le label peut donc être retiré à tout moment.

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