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Un meurtre perturbe le trafic aérien sur Zurich

Les aiguilleurs du ciel de Skyguide sont sous le choc.

(swissinfo.ch)

Mercredi, le trafic est réduit de 40% dans l’espace aérien zurichois. Skyguide a dû prendre cette mesure suite au meurtre d’un de ses contrôleurs, qui était en service lors de la collision aérienne d’Überlingen.

Le lien avec la catastrophe de juillet 2002 constitue «une piste parmi d’autres».

Stupeur à Zurich-Kloten. Mardi vers 17 h 45, un aiguilleur du ciel danois de 36 ans, employé de la société Skyguide, est poignardé à mort sur le balcon de son domicile.

Choqués, sept de ses collègues (soit le quart de l’effectif prévu) ne sont pas en mesure de prendre leur travail le lendemain matin. En conséquence, Skyguide décide de réduire de 40% les survols de l’espace aérien zurichois.

«La situation aéronautique est déjà difficile et ce drame vient, en plus, nous frapper. Nous sommes comme sur une corde raide entre la sécurité aérienne à garantir, notre sécurité et le choc que nous subissons», déclare mercredi matin à la presse Alain Rossier, directeur de Skyguide.

Skyguide ne peut donc prendre en charge que 20 avions en approche par heure, au lieu de 36 habituellement. Mercredi, le trafic sur Unique Airport a donc été fortement perturbé, d'autant que le brouillard et le givre s'en sont également mêlés. Pas moins de 14 vols ont subi des retards d'une heure à l'atterrissage.

Skyguide promet toutefois que ses capacités seront graduellement augmentées dès que les circonstances le permettront.

«Une piste parmi d’autres»

Mercredi matin encore, le juge d'instruction zurichois Pascal Gossner livre les premières informations officielles sur les circonstances du meurtre.

L'aiguilleur du ciel a été poignardé sur le balcon de sa maison à Kloten, qui est facilement accessible de l'extérieur. La victime et son meurtrier auraient auparavant échangé quelques mots, mais le juge ne fournit aucune information sur la teneur de ces propos.

Le juge ajoute que l'épouse de la victime et plusieurs autres personnes se trouvaient à l'intérieur de la maison et que l'auteur du meurtre parlait mal l'allemand. Mais le magistrat ne précise pas si le meurtrier avait ou non un accent d'Europe de l'Est.

Dès mercredi matin en effet, la presse n’a pas manqué de rappeler que la victime était en service la nuit de la collision d’Überlingen, qui avait fait 69 victimes russes.

Selon le juge, le lien avec cette catastrophe aérienne n'est «qu'une piste parmi d'autres». Les autorités tentent notamment de déterminer si l'aiguilleur du ciel avait reçu des menaces avant sa mort.

Condoléances de Russie

«La police a maintenant un énorme travail à faire. Elle va collecter des informations auprès des voisins et des proches de la victime», ajoute le juge Gossner à l'intention de swissinfo.

Alain Rossier met également en garde contre toute conclusion hâtive. «Nous n’avons jamais reçu de menaces et il faut être très très prudent avant de faire un lien entre la collision et le meurtre», déclare le directeur de Skyguide.

Jointe en Russie par l'agence de presse allemande dpa, Julia Fedotowa exprime ses condoléances «à la veuve et aux enfants de l'homme qui vient d'être tué».

La porte-parole des familles des victimes d'Überlingen ajoute que pour elle, il est exclu qu'une des personnes qu'elle représente puisse avoir été commanditaire de ce crime de sang.

Protection renforcée

Des dizaines de policiers ont été mobilisés pour rechercher le meurtrier, qui s'est échappé à pied sitôt son forfait commis. Selon un témoin, il s'agirait d'un homme d’une cinquantaine d’années. Les aéroports et les gares font l'objet d'une surveillance accrue.

En outre, Skyguide a activé dès mardi soir une cellule de prise en charge psychologique pour la famille de la victime et pour son personnel. La police a également augmenté les mesures de sécurité entourant certains aiguilleurs du ciel.

Après la catastrophe d’Überlingen, l’homme qui est mort mardi soir avait dû marquer une pause et recevoir un soutien psychologique. Il avait ensuite repris ses fonctions en tant qu’expert chargé du développement de projet.

«Une décision de l’Office fédéral de l’aviation civile empêchait qu’il reprenne du service au radar», explique à swissinfo Yves-André Jeandupeux, chef des ressources humaines chez Skyguide.

Enfin, l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) appuie la décision de Skyguide de réduire momentanément ses capacités. «La sécurité est prioritaire», rappelle Daniel Göring, porte-parole de l'OFAC.

swissinfo et les agences

En bref

- Le 1er juillet 2002, un Tupolev de Bashkirian Airlines et un Boeing cargo de DHL entrent en collision au-dessus de Lac de Constance. 71 morts, dont 69 Russes, les deux tiers étant des enfants qui partaient en vacances en Espagne.

- Le 12 juin 2002, l’aiguilleur du ciel qui était en fonction le soir du drame admet que celui-ci a mis en lumière «des erreurs».

- En juin 2003, une année après la catastrophe, la Suisse, l’Allemagne et la société de contrôle Skyguide créent un fonds d’indemnisation pour les familles des victimes.

- En novembre 2003, les premières indemnités sont payées aux familles de douze victimes russes, soit onze membres d’équipage et un passager. Les négociations avec les autres familles se poursuivent.

- Le rapport définitif sur les circonstances de la catastrophe est du ressort des autorités aériennes allemandes. Il est attendu pour fin mars de cette année.

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