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Un rapport confirme la fuite des cerveaux helvétiques vers les USA

2000 chercheurs helvétiques travaillent dans les centres de recherche américains.

(Keystone)

Les Suisses sont toujours plus nombreux à se rendre aux Etats-Unis pour étudier, comme le montre un rapport publié à Washington. Ce document alimente les craintes de ceux qui redoutent que la Suisse ne soit en train de se vider de ses cerveaux.

Le rapport émane de l'Institut d'enseignement supérieur, une organisation privée soutenue par le Département d'Etat. Les Etats-Unis attirent de plus en plus d'étudiants étrangers: près de 515 000 durant la dernière année universitaire, soit une hausse de 5 pour cent par rapport à l'année précédente. Un demi-million de consommateurs importés qui injectent plus de 12 milliards de dollars dans l'économie américaine.

Le gros des troupes arrive d'Asie, mais le contingent européen s'élargit aussi. Le nombre des Suisses inscrits dans l'enseignement supérieur aux Etats-Unis s'est ainsi accru de 2,1 pour cent par rapport à l'an passé. La troisième augmentation en trois ans.

«Cette fuite des cerveaux est un problème important, le danger étant que la Suisse ne perde sa prédominance dans les domaines de la science et de la technologie qui sont ses points forts, comme l'ingénierie électrique et le monde de l'infiniment petit», estime Johannes Kaufmann, conseiller scientifique auprès de l'ambassade suisse de Washington.

En plus des quelque 5000 étudiants suisses présents aux Etats-Unis, 2000 chercheurs et universitaires helvétiques travaillent déjà dans les centres de recherche américains. Mais l'idée d'une fuite des cerveaux affectant la Suisse est réfutée par le gouvernement américain.

«Je ne crois pas que l'on puisse parler de fuite des cerveaux dans un pays développé», déclare ainsi William Bader, sous-secrétaire d'Etat pour les affaires éducatives et culturelles. «La question est plutôt de savoir si tel ou tel pays stimule ses étudiants et chercheurs en termes de défis, d'opportunités et de mobilité», poursuit M. Bader, dont le service consacre environ 215 millions de dollars par an au recrutement d'étudiants étrangers.

Le sous-secrétaire d'Etat souligne cependant qu'«il n'y a pas, surtout en ce qui concerne les pays industrialisés, de politique américaine délibérée visant à attirer les étudiants ou scientifiques étrangers».

Le conseiller scientifique de l'ambassade de Suisse ne partage pas ce point de vue. «Certes, la fuite des cerveaux est le fruit de la mondialisation et du boom économique américain, mais il y a aussi de la part des Etats-Unis une politique globale qui est menée de front par le gouvernement, le Congrès et le secteur privé pour attirer et garder des étudiants», affirme M. Kaufmann.

Pour les observateurs des relations bilatérales, il est donc crucial que la Suisse réagisse rapidement. «Pour freiner la fuite des cerveaux, il faudrait doubler le budget de la recherche», explique Xavier Comtesse, directeur de la Maison suisse pour la recherche de pointe et l'éducation, à Boston.

Mais au-delà d'un accroissement de l'investissement, il faut faire évoluer les vieux schémas. «Faciliter la venue d'étudiants et de chercheurs étrangers en Suisse et forger des partenariats entre les universités et le secteur privé», propose ainsi le conseiller scientifique de l'ambassade. Sur ce point, Johannes Kaufman est d'ailleurs d'accord avec le sous-secrétaire américain Bader, quand celui-ci recommande à la Suisse de «créer autant de canaux de communication que possible en vue de favoriser les échanges».

Marie-Christine Bonzom, Washington

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