Un robot aide les patients à reprendre pied

Apprendre à marcher de nouveau grâce à un robot. swissinfo.ch

Les patients semi-paralysés et les victimes d’attaques cérébrales réapprennent à marcher à l’aide d’une invention suisse.

Ce contenu a été publié le 23 octobre 2004 - 10:47

Le robot Lokomat a été développé par la société Hocoma et testé à la clinique universitaire Balgrist de Zurich.

L’invention de l’ingénieur en électronique et fondateur de Hocoma, Gery Colombo, a obtenu deux prestigieux prix suisses dans le domaine des affaires.

Elle a remporté le prix de la Fondation De Vigier en 2001. Et Gery Colombo été nommé homme d’affaires de l’année 2004 dans la catégorie Start-up du Prix Ernst & Young.

Son robot hi-tech enlace confortablement le patient et l’aide à reprendre pied sur le sol. Celui-ci est hissé hors de sa chaise roulante à l’aide d’un levier et sanglé par des attaches.

Une bretelle maintient ses hanches, les jambes sont fixées sur le dispositif à l’aide de bandes velcro. Un système de poids géré par ordinateur fourni les résistances nécessaires.

Le thérapeute, pour sa part, se fait aider dans sa supervision par des senseurs optiques et un écran d’ordinateur.

Un pas en avant



Avant le lancement du Lokomat en 2001, pas moins de deux thérapeutes étaient nécessaires pour assister les patients dans leur entraînement. Un travail pénible, puisqu’il fallait manipuler leurs jambes à la main.

Constatant les limites de l’approche manuelle, Gery Colombo s’est mis au travail il y a 11 ans. «C’est là que j’ai eu l’idée de proposer une nouvelle machine, faciliter le travail…», explique-t-il à swissinfo.

Son Lokomat a été adopté par le Département de thérapie physique de l’Université de l’Illinois aux Etats-Unis il y a deux ans et demi.

Selon le physiothérapeute George Hornby, le robot représente une véritable percée dans le traitement des patients touchés au niveau de la moelle épinière.

Mais il constate aussi des inconvénients. «Le patient tend à trop se relâcher. La vitesse est limitée à 3,2 km/h, alors que nous marchons plus vite que ça. De plus, nous ne nous déplaçons pas dans le plan, comme un robot.»

Le physiothérapeute précise toutefois que «la prochaine génération de Lokomats et ses contrôles adaptatifs sera meilleure. Les robots répondront automatiquement au travail du patient, augmentant ou réduisant si nécessaire la résistance.»

Un début progressif



Cela dit, l’espoir de rétablissement ne concerne que les patients paralysés en partie seulement. Lorsqu’ils marchent à l’aide du robot, des signaux sont envoyés à leur système nerveux central. Concrètement, ces derniers apprennent aux parties non-touchées du cerveau à les réinterpréter.

Victime d’un accident de voiture, Petra Dokladal, 29 ans, est paralysée à partir de la taille. Elle n’a aucune chance de recouvrer l’usage de ses jambes, mais s’entraîne régulièrement sur le Lokomat.

«L’exercice améliore mon métabolisme et me permet de me sentir agréablement fatiguée. Me voir marcher dans le miroir, ça me donne de l’énergie.»

Revenons en arrière. Lorsque Gery Colombo a annoncé son intention de fabriquer un robot destiné à la marche, les investisseurs ont émis des doutes. Mais des fonds privés lui ont permis de fonder Hocoma en 1996, et en quatre ans et demi, le premier prototype fonctionnait.

Jusque-là, la physiothérapie ne représentait pas un champ où les hôpitaux avaient l’habitude d’investir massivement. Colombo a dû convaincre ses clients que la réduction de personnel ferait plus que compenser l’achat d’un robot contrôlé par un seul thérapeute.

En 2003, Hocoma était déjà dans les chiffres noirs. Et cela en partie grâce aux fonds de recherche versés par la commission suisse pour la technologie et l’innovation.

Améliorations en vue



Des robots similaires à Lokomat sont en développement en Allemagne et aux Etats-Unis. Mais Hocoma cherche à conserver son avance en étendant les outils d’évaluation de son robot.

Contrairement à ses concurrents, le robot suisse peut en effet mesurer dans quelle mesure le patient participe aux exercices. Une manière d’optimiser la stratégie d’entraînement.

Entre temps, la société vient aussi de lancer un nouveau produit, baptisé ERIGO. Celui-ci place le patient en position verticale sur une table inclinable et met ses jambes en mouvement.

Stimulation cardio-vasculaire, approche évitant les dommages musculaires et articulaires: ERIGO a les mêmes atouts que Lokomat. Mais il est moins cher et exige moins d’efforts.

ERIGO a d’abord été testé sur un patient dans le coma qui ne répondait pas aux stimuli extérieurs. Après trois semaines d’exercice régulier, Hocoma indique que le patient pouvait était contrôler sa tête et se montrait beaucoup plus alerte, et capable de répondre au thérapeute.

Au moment de son lancement lors d’une conférence de neurologistes en octobre, ERIGO a fait un tabac auprès des praticiens. Les clients font la queue pour l’acheter, assure l’entreprise.

swissinfo, Julie Hunt à Zurich
(Traduction: Pierre-François Besson)

Faits

Un Lokomat coûte entre 200’000 et 300'000 francs.
Le robot stimule le cœur, améliore le métabolisme et aide à prévenir les dommages musculaires et articulaires.
Depuis le lancement du robot en 2001, les ventes ont doublé chaque année.
40 exemplaires ont été vendus à des hôpitaux européens et d’Amérique du Nord.

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