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Un Suisse à Belgrade pour le Kosovo

Thomas Fleiner, directeur de l'Institut du fédéralisme de Fribourg, a été nommé conseiller de l'équipe des négociateurs serbes sur le futur statut du Kosovo.

La formation de cette équipe coïncide avec l'arrivée de l'envoyé spécial de l'ONU chargé de diriger les négociations. Celles-ci porteront sur une plus forte autonomie, voire une éventuelle indépendance de la province.

Les négociations ont commencé formellement lundi 21 novembre, avec l'arrivée dans la région de l'ancien président finlandais Martti Ahtisaari. L'envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan a commencé par passer trois jours à Pristina, capitale du Kosovo, avant de se rendre à Belgrade.

Ces navettes diplomatiques pourraient durer quelques temps avant que les deux parties acceptent de s'asseoir à la même table.

La province du Kosovo est sous administration de l'ONU et de l'OTAN depuis 1999 et les tensions restent vives entre la majorité albanaise qui réclame l'indépendance - dont Belgrade ne veut pas entendre parler - et la minorité serbe.

Conseiller juridique


Avocat et professeur, Thomas Fleiner dirige depuis 1984 l'Institut du fédéralisme de l'Université de Fribourg. Comme il l'a expliqué à swissinfo, le gouvernement de Serbie et Monténégro a fait appel à lui pour ses connaissances des systèmes fédéralistes, du multiculturalisme et du droit international.

Son rôle sera celui d'un conseiller juridique pour l'équipe de treize négociateurs formée par le gouvernement de Belgrade.

«Je pourrai aussi donner des conseils et des idées sur les solutions possibles à la lumière d'autres exemples d'autonomie et de multiculturalisme qui existent dans le monde», poursuit le professeur, ajoutant que la structure fédéraliste de la Suisse est «un modèle possible parmi de nombreux autres».

Dans les prochains mois, Thomas Fleiner s'attend donc à faire régulièrement la navette entre la Suisse et la Serbie et Monténégro, mais il précise d'emblée qu'il ne prendra pas de part active aux tractations purement politiques.

«Je ne suis certainement pas là pour jouer un rôle politique dans ces négociations», affirme le professeur.

L'issue est encore loin


L'équipe serbe sera dirigée par le premier ministre Vojislav Kostunica et le président Boris Tadic. En juin de cette année, ce dernier avait fermement prié la Suisse de se mêler de ses affaires, après une déclaration de Micheline Calmy-Rey, cheffe de la diplomatie helvétique, sur l'indépendance du Kosovo.

La Suisse a-t-elle fait une erreur en parlant publiquement d'indépendance avant même le début des négociations? Thomas Fleiner ne veut pas entrer en matières sur le sujet. Mais il est clair pour lui que le status quo n'est pas tenable.

«La force de paix internationale devait au départ n'être qu'une solution transitoire, il faut maintenant trouver une solution durable», explique le professeur, bien conscient que l'issue est encore loin.

«Personne ne doit s'imaginer que l'on va régler en quelques semaines un problème historique qui dure depuis aussi longtemps», ajoute Thomas Fleiner.

De par son expérience, cet expert en fédéralisme sait qu'il n'est pas inhabituel d'avoir au départ d'une négociation des positions qui semblent totalement inconciliables.

Pour lui, il appartient désormais aux négociateurs «d'explorer leurs marges de manœuvre respectives et de définir quelles sont les positions qu'il ne peuvent pas abandonner au risque de se voir taxer de traîtres par leur propres peuples».

swissinfo, Ramsey Zarifeh
(traduction de l'anglais, Marc-André Miserez)

En bref

- Les discussions sur le statut du Kosovo ont commencé le 21 novembre, avec l'arrivée de l'envoyé spécial des Nations Unies Martti Ahtisaari à Pristina, capitale de la province.

- Les experts s'accordent à penser que les négociations devraient déboucher sur l'octroi d'une forme d'autonomie, mais Belgrade exclut formellement l'idée d'indépendance.

- Depuis 1999, les troupes de la KFOR, force multinationale de paix, sont déployées dans la province pour prévenir les affrontements entre les Albanais majoritaires et la minorité serbe restée au Kosovo.

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