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Un Suisse candidat du Front national en France

Le binational Olivier Wyssa, 45 ans, est avocat à Genève. Conseil régional de Rhône-Alpes

Conseiller régional de Rhône-Alpes, Olivier Wyssa, 45 ans, avocat à Genève, brigue un siège de député dans le Pays de Gex.

Ce contenu a été publié le 27 avril 2002 - 14:04

swissinfo: La victoire de Jacques Chirac n'est-elle pas déjà programmée au deuxième tour de l'élection présidentielle française?

Olivier Wyssa: Ce n'est pas certain du tout. Beaucoup de gens ne se sont pas déplacés au premier tour, tellement persuadés que l'élection allait se jouer entre Chirac et Jospin. Tous ceux qui veulent du neuf iront voter pour Jean-Marie Le Pen. De plus, les Français sont très déçus que Jacques Chirac ait refusé de débattre avec Jean-Marie Le Pen entre les deux tours.

swissinfo: Malgré tout, des manifestations quotidiennes, notamment des lycéens, sont dirigées contre le leader du Front national...

O.W.: Contrairement à ce que racontent certains médias, il ne s'agit pas de manifestations spontanées. Les collégiens sont manipulés par la Licra (Ligue contre le racisme et l'antisémitisme). Il règne en France un véritable terrorisme intellectuel. Nous sommes victimes d'une campagne de matraquage.

swissinfo: Comment analysez-vous les résultats en France voisine, notamment dans l'Ain, où Jean-Marie Le Pen arrive en tête?

O.W.: J'ai été conseiller municipal de la ville de Gex. Quand je réclamais des rondes de nuit, plus d'effectifs pour la police municipale, on me répondait que c'était des fantasmes, que Gex était une agglomération sûre. Ce n'est plus vrai. La situation se dégrade. Des voitures sont incendiées à Saint-Genis-Pouilly, à Bellegarde. Jean-Marie Le Pen est arrivé en tête dans l'Ain, avec 22,15 % des voix.

swissinfo: Comment se présente la situation dans la troisième circonscription de l'Ain, longtemps tenue par Charles Million, l'ancien président de la région Rhône-Alpes?

O.W.: En 1997, j'étais arrivé en troisième position, avec presque 15 % des suffrages. Cette fois, des villes comme Bellegarde, Saint-Genis-Pouilly, Gex, Belley, ont placé Jean-Marie Le Pen en tête. Même une petite commune comme Injoux-Génissiat, qui compte une population ouvrière, travaillant sur le barrage de Génissiat, longtemps administrée par un maire communiste, a voté pour le leader du Front national.

swissinfo: Que pensez-vous de Charles Million, homme de droite, qui a présidé la région Rhône-Alpes avec le Front national?

O.W.: C'est un précurseur. Il a montré que la droite française peut fort bien gérer une région comme Rhône-Alpes, qui compte plus de 5 millions d'habitants, avec le Front national. Malheureusement, il a manqué à Charles Million du courage politique pour persévérer dans cette voie.

swissinfo: Vous êtes français et suisse. N'est-ce pas un handicap pour militer dans un parti qui met l'accent sur la préférence nationale?

O.W.: Absolument pas. Il existe une grande tolérance au sein du Front national. Pour preuve, je suis membre du comité central de ce parti au niveau national, et vice-président du groupe front national au Conseil régional Rhône-Alpes.

Propos recueillis par Ian Hamel

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