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Un trafic d'esclaves au centre d'un procès à Lausanne

Le procès de deux Nigérians s'est ouvert lundi devant le Tribunal criminel de Lausanne. Ils sont accusés d'avoir organisé un important trafic de cocaïne. L'un d'eux aurait également mis en place un réseau de traite de femmes en provenance du Nigeria.

Depuis 1995 au moins, Philippe E. a dirigé un trafic de drogue depuis le centre d'accueil pour requérants d'asile de Chavornay, un village du Nord vaudois. Il aurait en fait repris en main le réseau d'un important trafiquant de drogue et aurait appartenu à une organisation nigériane de type mafieux.

L'autre accusé s'est associé à Philippe E. deux ans plus tard. La cocaïne d'origine sud-américaine était acheminée en Suisse par de jeunes Africaines. Selon l'accusation, les deux caïds de la drogue ont ainsi écoulé quelques 12 kilos de drogue par mois jusqu'à leur arrestation, en 1998. L'argent ainsi obtenu était ensuite blanchi au Nigeria.

Les deux hommes n'ont pas nié avoir acheté, vendu et consommé de la cocaïne. Mais ils ont cherché à minimiser les quantités incriminées.

Non content d'arroser la Suisse romande de cocaïne, Philippe E. s'est également livré à la traite de femmes. Avec l'aide de sa mère au Nigeria et de ses sœurs en Espagne, il faisait venir en Europe de jeunes compatriotes, leur faisant miroiter de meilleures conditions de vie.

Prix du voyage: 5000 dollars plus 15 000 dollars d'intérêts, soit dans les 35 000 francs suisses, que les victimes devaient rembourser en se prostituant. L'accusé reconnaît avoir fait venir en Europe trois filles seulement. Mais il récuse les avoir contraintes à la prostitution. Philippe E. a même déclaré qu'il ne se sentait pas responsable de la manière dont elles trouvaient l'argent dû.

Reste que ce volet du procès risque de ne pas être sanctionné. Les faits incriminés se sont en effet déroulés hors de Suisse et aucune victimes de ce trafic d'esclave ne viendra témoigner, puisqu'elles ont disparu.

Quoi qu'il en soit, ce procès met une fois de plus en lumière le rôle important joué par le Nigeria depuis une dizaine d'années dans le trafic international de drogue.

L'Observatoire géopolitique des drogues, basé à Paris, relève toutefois que nombre de trafiquants nigérians ont délocalisé leurs activités dans des pays comme le Togo, le Bénin, le Ghana, le Liberia, le Sénégal ou l'Afrique du Sud.

Frédéric Burnand


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