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Un tube microscopique pour vaincre le glaucome

Un tube tellement minuscule qu’on le distingue à peine.

(www.snf.ch)

Une nouvelle méthode testée par un chirurgien lausannois devrait permettre de simplifier considérablement les opérations du glaucome.

Grâce à un tube microscopique implanté dans l’œil, on parvient à réduire la pression sur le nerf optique, cause potentielle de cécité.

Dans le monde de la chirurgie ophtalmique, André Mermoud, de l’Hôpital Jules Gonin à Lausanne, est déjà mondialement connu.

Au milieu des années 90, il fut le responsable de l’équipe internationale qui mit au point la technique de la sclérectomie profonde, aujourd’hui pratiquée par une centaine de chirurgiens dans le monde.

Il s’agissait déjà à l’époque d’une intervention au bistouri pour ménager un écoulement de l’humeur aqueuse, dont la surpression est responsable du glaucome.

«Ce n’était pas la seule méthode à disposition, explique André Mermoud. Mais comme les autres, elle présentait de nombreux risques de complications post-opératoires».

Trois millimètres sur 50 microns

La sclérectomie profonde, en effet, consiste à creuser un petit réservoir dans le blanc de l’œil pour évacuer naturellement le surplus d’humeur aqueuse.

Avec la nouvelle méthode par contre, on n’a plus besoin de disséquer les tissus, opération toujours très délicate. Il suffit d’y implanter un microtube, long de 3 millimètres et épais de 50 microns, soit 50 millièmes de millimètres.

Ce tube va ensuite jouer le rôle de canal de drainage pour évacuer le surplus de liquide responsable de la surpression.

Fabriqués en Israël, ces tubes en sont à la seconde génération. La première avait déjà été testée par l’équipe d’André Mermoud, mais les tubes avaient une fâcheuse tendance à se boucher.

Encore un prototype

Pour l’instant, le nouveau microtube a été testé sur une dizaine de patients. André Mermoud juge donc un peu excessif l’enthousiasme du Fonds national de la recherche, qui parle glorieusement de «première mondiale».

«Ce n’est encore qu’un prototype. Il faudra une étude sur cinquante à cent personnes au minimum et un suivi sur plusieurs années avant de pouvoir parler de révolution dans le traitement du glaucome», explique prudemment le chirurgien.

Dans le cas de la sclérectomie profonde en effet, on s’est rapidement aperçu que certains malades devaient subir une nouvelle intervention après un certain temps.

Plus simple, plus rapide et normalement plus fiable, l’insertion du microtube ne dure qu’une demi-heure, sous anesthésie locale. Mais la main du chirurgien ne doit pas trembler au moment de découper, à la surface de l’œil, un volet de quatre millimètres de côté.

Simple et rapide

«C’est une technique à la fois simple et rapide, et je crois que tous les patients pourront en bénéficier, si elle fait ses preuves à long terme», confie à swissinfo Farid Achache, un des médecins qui travaillent avec André Mermoud.

Le glaucome en effet, touche pas loin de 100'000 personnes en Suisse et près de 70 millions dans le monde. Si la maladie n’est pas douloureuse, ce qui la rend d’ailleurs difficile à diagnostiquer, elle n’en est pas moins grave.

«A partir de 40 ans, il est important de faire contrôler régulièrement ses yeux, avertit André Mermoud. Car à la longue, la pression du liquide sur le nerf optique finit par l’endommager et le patient peut devenir aveugle».

swissinfo, Marc-André Miserez et Vincent Landon

En bref

- En Suisse, plus de 100'000 personnes souffrent du glaucome.

- Au niveau mondial, on estime que cette maladie touche 70 millions de personnes.

- Le glaucome, qui résulte d’une surpression de liquide à l’intérieur de l’œil, est la maladie ophtalmique la plus répandue parmi les personnes âgées.

- A la longue, la pression du liquide sur le nerf optique peut rendre le malade aveugle.

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