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Un vent d'anti-américanisme souffle sur Davos

Le Premier ministre malaisien, Mahathir Mohamad, s'est élevé contre la politique américaine. (swiss-image.ch)

Vendredi, au Forum économique mondial, de violentes critiques ont été adressées aux américains. Par le Premier ministre malaisien, Mahathir Mohamad, entre autres.

La session principale a été dominée par la question de la guerre en Irak.

Dans son intervention, John Ashcroft a défendu la politique des Etats-Unis, en affirmant notamment qu'elle garantissait la liberté partout dans le monde.

Mais, à l'issue du discours du ministre américain de la Justice, de nombreux participants n'ont pas hésité à manifester leur inquiétude.

Pas du goût de tout le monde

Un sentiment partagé par l’ancien président de la Confédération Adolf Ogi. «Je remarque, dit-il, que les Américains et leur manière de faire ne sont pas du goût de tout le monde.»

«Nous sommes tous très inquiets, confie Adolf Ogi, parce que si nous avons une guerre en Irak, nous n’aurons pas des problèmes que là. Nous aurons des problèmes partout.»

«Et, conclut l’ancien conseiller fédéral, les leaders, présents à Davos le savent très bien.»

La lutte contre le terrorisme

Pour sa part, le directeur exécutif de l'organisation américaine des droits de l'homme, Human Rights Watch, n'a jamais rencontré autant d'opposition aux Etats-Unis lors d'une réunion du WEF.

«Cette année à Davos, déclare Kenneth Roth, ce n'est pas l'économie mais la lutte contre le terrorisme et la menace d'une guerre contre l'Irak qui sont au centre des préoccupations.»

«Et, dans les deux cas, ajoute Kenneth Roth, il y a beaucoup d'inquiétudes sur la manière de faire de Washington.»

Plus libres à Davos qu'à New York

C'est vrai. A Davos, les leaders politiques et économiques sont plus enclins à prendre des positions qu'ils ne l'étaient l'année dernière à New York.

Et Adolf Ogi confirme: «Ici, les gens sont plus libres de s'exprimer qu'à New York».

Et l'ancien conseiller fédéral de faire remarquer que le WEF a toujours été dominé par les Américains, en particulier l'année dernière, lorsqu'ils étaient présents dans tous les groupes de travail.

«Cette fois-ci, ce n'est pas la même chose, glisse Adolf Ogi. Et c'est peut-être la raison pour laquelle les autres participants se sentent davantage autorisés à donner leur avis.»

Terroriser les terroristes

Et, à Davos, Mahathir Mohamad ne s’est pas privé de cette liberté retrouvée. En effet, le Premier ministre malaisien a très vivement pris à partie les Etats-Unis.

Il a fait savoir à Washington que «terroriser les terroristes» ne marcherait pas et ne ferait que déboucher sur une longue période de haine et de vengeance.

Pour Mahathir Mohamad, ce sont la pauvreté et le désespoir qui conduisent les gens à commettre des attentats suicide ou à détourner des avions.

Des applaudissements nourris

A relever que toutes ces inquiétudes font échos aux propos tenus jeudi au Forum économique mondial par le président de la Confédération.

En effet, dans son discours d'ouverture, Pascal Couchepin a fermement mis en garde les Etats-Unis contre toute décision unilatérale d'agir militairement contre l'Irak.

Un avertissement salué par les applaudissements nourris des milliers de convives présents à ce moment-là à Davos.

swissinfo, Jacob Greber, envoyé spécial à Davos
(Traduction: Chantal Nicolet)


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