Un verdict sévère pour un crime exceptionnel

De gauche à droite, Pascal Schumacher, Katia Pastori et Christian Pidoux. Keystone Archive

Le Tribunal correctionnel de Lausanne a condamné sévèrement les auteurs du rapt de Stéphane Lagonico. Un verdict à la hauteur d'un crime encore exceptionnel en Suisse. Le point de vue du criminologue Martin Killias.

Ce contenu a été publié le 28 mars 2001 - 08:39

Les commanditaires de l'enlèvement de ce fils d'une famille de notables vaudois écopent tous de la prison ferme. Considéré comme le principal organisateur du rapt, Christian Pidoux a été condamné à 9 ans de prison. Son complice Pascal Schumacher a écopé d'une peine de 6 ans de prison. Et il a été immédiatement écroué pour éviter tout risque de fuite. Quant à Katia Pastori, elle a été condamnée à 3 ans d'emprisonnement.

Le Tribunal a également prononcé une peine de 7 ans de réclusion pour le chef kosovar des exécutants. Les huit autres complices de l'enlèvement, eux, se sont vus infliger des peines allant de 12 mois à 6 ans de prison avec sursis. Une seule personne a obtenu l'acquittement.

Le Tribunal n'a donc pas suivi le Ministère public qui avait requis des peines plus lourdes encore. Mais son verdict est tout de même à la mesure d'un acte particulièrement grave.

Reste à savoir si ce jugement sera dissuasif. Martin Killias, professeur de criminologie à l'université de Lausanne, décèle dans cette affaire un phénomène émergent: le recrutement d'hommes de main doués de certaines compétences en matière de crime.

«La conduite de cette opération manquait de professionnalisme. Mais il y a eu un réseau qui a fonctionné, même mal», analyse Martin Killias. Et de rappeler qu'avant la chute du Mur de Berlin, la délinquance était extrêmement localisée et le fait de personnes agissant souvent seules.

«Depuis 1989 et l'ouverture des frontières européennes, affirme le criminologue, on assiste à une internationalisation de la criminalité et à l'arrivée en Suisse, comme dans les autres pays d'Europe occidentale, de délinquants de plus en plus professionnels.»

Ce phénomène ne signifie pas pour autant que la Suisse soit menacée par le développement d'une industrie du rapt. Mais Martin Killias n'exclut pas que d'autres crimes du même genre dévoilent des réseaux mieux organisés avec des otages séquestrés à l'extérieur de la Suisse.

Cela dit, Martin Killias signale que des réseaux transfrontaliers sont déjà à l'œuvre dans le trafic de drogue, la prostitution, le vol de voitures et les cambriolages.

Frédéric Burnand

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