Une épée de Damoclès

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Avec la crise économique que traverse l'Argentine, beaucoup de Suisses expatriés ne peuvent plus payer leurs cotisations AVS.

Ce contenu a été publié le 05 décembre 2002 - 14:04

Une situation vécue avec angoisse. Le système prévoit en effet l'exclusion en cas de non-paiement pendant deux ans d'affilée.

La situation est dramatique pour ces Suisses d'Argentine. Soit ils sacrifient le peu d'argent qu'il leur reste pour continuer à verser le minimum à l'assurance vieillesse et survivant (AVS). Soit ils renoncent et risquent alors l'exclusion.

La crise économique argentine n'explique pas à elle seule les difficultés que traversent ces expatriés. Il faut aussi prendre en compte les modifications introduites dans l'AVS pour les Suisses de l'étranger.

Les primes s'envolent

Ces deux dernières années, les cotisations ont doublé. Le montant est passé d'environ 300 à 756 francs suisses. La révision a impliqué une nouvelle augmentation, du fait que les cotisations doivent maintenant être versées également pour le conjoint.

Si l'on ajoute à cela que le peso argentin vaut quatre fois moins que l'année dernière face au dollar américain, on peut alors estimer que la cotisation annuelle minimum de l'AVS est 16 fois plus élevée qu'en 2001 pour les Suisses d'Argentine.

«La préoccupation majeure est que la loi prévoit l'exclusion de l'assuré s'il ne verse pas le montant minimum pendant deux ans. Et la seule possibilité pour y revenir ensuite est de travailler en Suisse», explique Juan Rodolfo Würgler, consul à Ruiz de Montoya.

De nombreux jeunes 'misioneros' suisses n'ont même pas le choix. Cette solution est leur seule et unique chance de s'en sortir.

«L'année dernière, avec 500 pesos nous arrivions à payer l'AVS. Maintenant, il faut 2000 pesos. C'est tout simplement impossible!», lance cette institutrice. Ursula Schegg devrait consacrer tout son salaire annuel pour payer la cotisation minimum.

Les rares personnes qui sont en règle avec leurs versements le doivent au fait que la rente versée par la Suisse à leurs parents a augmenté avec la chute du peso argentin.

Vers une solution

«Nous ne demandons pas des privilèges aux autorités suisses, mais juste une solution, puisque nos revenus ne nous permettent plus de payer les cotisations», ajoute Silvia Weber, Suissesse expatriée en Argentine.

Certains proposent de fixer le montant des cotisations en fonction de la valeur du peso jusqu'à la reprise économique. De les adapter en quelque sorte au pouvoir d'achat.

D'autres suggèrent de ne pas appliquer les sanctions prévues par la loi pour les personnes qui sont en retard avec leurs versements. Enfin, certains demandent une sorte d'amnistie temporaire, en attendant de pouvoir cotiser à nouveau.

Une question de justice

La Confédération, le Parlement et les institutions concernées sont donc invités à trouver une solution pour éviter de discriminer nos compatriotes frappés par la crise argentine.

D'ailleurs, cela peut aussi apporter quelques avantages à la Suisse. Pas seulement sur le plan moral, éthique ou politique, mais aussi au niveau économique.

«Pour la Confédération, cela coûte moins cher de trouver une solution pour aider les Suisses d'Argentine que de devoir faire face au retour de milliers d'expatriés», conclut Juan Rodolfo Wütrich.

swissinfo/Sergio Regazzoni, de retour d'Argentine

Faits

756 FS: cotisation annuelle minimale à l'AVS pour les Suisses de l'étranger
1030 FS: rente mensuelle minimale
180 pesos, environ 65 FS: salaire mensuel d'une institutrice en Argentine

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En bref

- La cotisation annuelle minimale pour l'AVS a passé, en une année, de 500 à 2000 pesos.

- Pour de nombreux assurés qui vivent en Argentine, cela implique de consacrer la quasi-totalité de leur salaire à l'AVS.

- S'il ne paie pas ses cotisations pendant deux années consécutives, l'assuré est exclu.

- Face à la crise que traverse l'Argentine, les expatriés suisses demandent à la Confédération de trouver une solution.

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