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Une avance qui pourrait ne pas suffire pour les initiatives agricoles

Les deux initiatives populaires qui s'attaquent aux pesticides font, pour l'instant, la course en tête, mais ne disposent que d'une avance faible. Keystone / Anthony Anex

Une faible majorité des Suisses soutiennent les deux initiatives populaires anti-pesticides, selon le premier sondage de la SSR en vue des votations fédérales du 13 juin prochain. Les lois sur le CO2, contre le terrorisme et sur la gestion de la crise sanitaire seraient toutes les trois acceptées.

Ce contenu a été publié le 07 mai 2021 - 06:00

Le soutien des électrices et des électeurs aux deux propositions qui veulent bannir les pesticides de synthèse pourrait ne pas suffire pour passer l’épreuve des urnes.

Selon le premier sondage de la SSR réalisé mi-avril par l'institut gfs.bern, 54% des personnes interrogées ont l’intention de soutenir l'initiative «Pour une eau portable propre et une alimentation saine»Lien externe. 40% sont contre et 6% sont encore indécis. Le texte compte mettre fin à toutes les subventions publiques accordées aux agriculteurs qui ne s’engagent pas dans des méthodes de production durables et respectueuses de l’environnement.

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Les résultats du sondage sont très similaires en ce qui concerne l’initiative populaire «Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse»Lien externe. 55% des électeurs interrogés se disent favorables au texte qui demande l’interdiction pure et simple de l’utilisation de désherbants, d'insecticides et de fongicides de synthèse dans le secteur agricole suisse ainsi que pour un usage privé ou commercial. 42% sont contre et 3% sont encore indécis.

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Sans surprise, les deux initiatives agricoles créent un clivage significatif entre la ville et la campagne. Elles convainquent environ deux tiers des électeurs dans les milieux urbains, plus ouverts aux préoccupations environnementales, alors que les habitants de la campagne s’y opposent. Les retraités sont également plus favorables aux deux propositions que les personnes d’âge moyen. Les Suisses de l’étranger sont aussi nettement plus enclins à vouloir que la Confédération se passe de pesticides.

L’issue des votations sur ces deux objets reste ouverte. L’évolution de l’opinion pourrait cependant suivre le schéma traditionnel des initiatives populaires: le soutien aux propositions s’érode au fil de la campagne, et elles finissent par être refusées.

Vers un oui à la loi sur le CO2

La nouvelle loi visant la réduction des émissions de CO2 séduit pour l’instant les électrices et les électeurs. La stratégie élaborée par le gouvernement et le Parlement pour que le pays atteigne ses objectifs climatiques récolte 60% d’avis favorables, selon le premier sondage de la SSR. 35% s’y opposent et 5% n’ont pas encore d’opinion.

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Les résultats du sondage reflètent les positions des partis politiques sur cet objet. La fronde contre la loi vient essentiellement de l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice), ainsi que des groupes qui se méfient du gouvernement.

Les arguments des partisans de la loi convainquent davantage les personnes interrogées que ceux des opposants. Près de trois quarts des sondés s’accordent à dire que le changement climatique causera des dommages importants et des coûts élevés si des mesures plus fermes pour le combattre ne sont pas prises.  

Le camp du oui dispose ainsi d’une confortable avance. L’institut gfs.bern estime ainsi que l’acceptation de la nouvelle loi sur le CO2 est le scénario le plus probable le 13 juin.

Large soutien à la loi contre le terrorisme

La nouvelle loi sur le terrorisme, qui suscite la controverse au-delà des frontières helvétiques, remporte l’adhésion de 67% des personnes sondées. 24% d’entre elles y sont opposées et 9% ne savent pas encore ce qu’ils inscriront sur le bulletin de vote.

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Dans tous les partis, une majorité se dessine en faveur de l’introduction de nouveaux instruments pour prévenir les attaques terroristes. Et ceci même au sein du Parti socialiste et du côté des écologistes, officiellement opposés à la loi. 

Une grande partie des citoyennes et des citoyens (73%) estime qu’il est nécessaire de doter la police de moyens supplémentaires pour lutter contre le terrorisme. Cependant, une faible majorité des sondés (51%) soutient également l’argument des adversaires du texte, qui estiment que la législation ouvre la porte aux détentions arbitraires et à des violations des droits humains.

Le sondage

Pour la première enquête démographique en vue de la votation fédérale du 13 juin 2021, l'Institut gfs.bern a interrogé, entre le 19 avril et le 3 mai, 22’732 personnes ayant le droit de vote, sélectionnées de manière représentative et réparties dans toutes les régions linguistiques de Suisse. La marge d’erreur statistique est comprise entre +/-2,8 points de pourcentage.

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Pour la première enquête démographique en vue de la votation fédérale du 9 février 2020, l'Institut gfs.bern a interrogé entre le 3 et le 16 décembre 5477 personnes ayant le droit de vote, sélectionnées de manière représentative et réparties dans toutes les régions linguistiques de Suisse. La marge d’erreur statistique est comprise entre +/-2,9 points de pourcentage.


«Pour que le projet de loi soit rejeté, il faudrait un changement d’opinion significatif et atypique», commente l’institut gfs.bern. Le rapport souligne néanmoins qu’il n’est pas possible de faire un pronostic fiable à ce stade de formation de l’opinion.

Vers un oui à la loi Covid

Finalement, 67% des personnes interrogées sont en faveur de la base juridique de la gestion de la crise sanitaire. 27% ont l’intention de voter non et 6% des sondés sont encore indécis.

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La confiance envers le gouvernement est un facteur décisif dans la formation de l’opinion sur cet objet. Les opposants se trouvent avant tout parmi les critiques du Conseil fédéral, ainsi qu’au sein de l’UDC. Ce résultat n’est pas étonnant, puisque la droite conservatrice a fustigé la stratégie du gouvernement pour endiguer la pandémie à plusieurs reprises.

Une majorité de personnes, tous partis confondus, considèrent que la Suisse a besoin d’une base légale solide pour pouvoir agir rapidement face à la pandémie. Ce sont les arguments des partisans de la loi qui font mouche et qui sont le plus efficaces.

L’institut gfs.bern s’attend ainsi à voir un oui sortir des urnes le 13 juin.


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