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Une beauté du piano au secours des cabossés de la vie

Pour Elisabeth Sombart, la musique ne se vend pas. Elle se donne.

(swissinfo.ch)

Elisabeth Sombart est une pianiste-concertiste de renom international. Aujourd´hui, elle a réalisé son rêve d'enfant: une école gratuite, ouverte à tous les âges et sans examen, à Morges.


Elisabeth Sombart voyage entre Paris, Morges et Beyrouth. Morgienne d'adoption, cette Parisienne donne de nombreux concerts, enregistre des disques, publie des écrits sur la musique et produit des émissions musicales à la télévision (sur FR3).

Mais cette très belle dame nourrissait depuis longtemps un projet qui lui tenait à cœur. Celui d'une école de musique gratuite, sans examen, et ouverte à tous.

Adolescente, on lui demanda quelle somme d'argent elle désirait pour jouer un choral de Bach. Déconcertée par la question, elle ne comprit pas comment elle pouvait être payée pour émouvoir. Surtout au travers de la musique.

Puis, sur son parcours de concertiste-pianiste, elle rencontra de nombreux musiciens prêts à renoncer à la musique, soit par manque d'argent, soit parce qu'ils estimaient ne plus avoir le bon âge pour continuer ou se lancer dans des études de piano. Tous ces gens qui abandonnaient leur rêve, la touchaient profondément.

Mais surtout, à 11 ans, la petite Elisabeth remporta le concours de piano Bach à Paris. Et là, elle perçut les autres concurrents et leurs parents envahis par l'angoisse, puis la déception. Elle ne pouvait concevoir que la musique engendre une telle tristesse.

Trois raisons fondamentales pour lesquelles existe aujourd'hui la Fondation Résonnance à Morges, (près de Lausanne). Qui décline, depuis deux ans maintenant, exactement le rêve humaniste d'Elisabeth Sombart.

En effet, son école de musique dispense des cours de piano avec une méthode basée sur la phénoménologie musicale. Une méthode que pratiquait un chef d'orchestre roumain, Sergiu Celibidache, qu'elle côtoya à Berlin.

Schématiquement, cette pédagogie artistique se résume en l'écoute profonde de la musique et dans l'exercice de la respiration du pianiste. Afin que les notes résonnent toujours mieux.

«Quand on se trouve dans cette attitude d'obéissance vis-à-vis de la musique, on devient pauvre de soi, de son ego, explique Elisabeth Sombart ». «Plus encore, ajoute-t-elle, l'âme et le corps du pianiste s'unissent, c'est cela la vraie chasteté (et non l'abstinence). C'est alors, et alors seulement, que l'on s'achemine sur la voie de la bonne musique.»

Mais comment donc une école gratuite peut-elle subsister? «Par de nombreux dons, précise Elisabeth Sombart, mais aussi grâce à l'argent que je gagne en donnant des concerts dans le monde».

«Tenez-vous bien, insiste Elisabeth Sombart, nous avons une centaine d'inscriptions en attente. Pour l'heure, l'école Résonnance compte 80 élèves et six professeurs que j'ai formés».

Elisabeth Sombart projette de créer une école du même type à Beyrouth. Elle qui, en ce mois de décembre, a entrepris une vaste tournée en Romandie. Un spectacle dans lequel le Frère Nicolas Buttet, fondateur de la Fraternité Eucharistein, explique les neuf Béatitudes de la Bible et qu'elle illustre, à la fin de chacune d'elles, par un morceau de piano extrait du répertoire classique.

Et cela va d'Erik Satie pour «Bienheureux les pauvres d'esprit» à Jean-Sébastien Bach pour «Votre récompense est grande dans les cieux», en passant par Ludwig Van Beethoven pour «Bienheureux ceux qui ont faim et soif de justice».

Sûr qu'une femme belle et sexy qui possède une telle grandeur d'âme ne court pas les rues. «Il y a un moment dans sa vie, confie Elisabeth Sombart, où l'on prend conscience de ce qui est éphémère, de ce qui n'est qu'apparence, et on comprend alors que séduire n'appartient pas au monde de l'éternité».

Emmanuel Manzi

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