Une bouffée de liberté pour Bernard Rappaz

Bernard Rappaz sur son lit d'hôpital à Martigny (VS) ce 25 janvier, avec son fils Dorian. Keystone

Après 73 jours de grève de la faim, le chanvrier valaisan retrouve la liberté. Provisoirement.

Ce contenu a été publié le 25 janvier 2002 - 17:55

Les témoins principaux de l'affaire ont été entendus ces quinze derniers jours. La justice valaisanne estime donc que le risque de collusion ne se justifie plus. Et accepte de mettre fin à la détention provisoire de Bernard Rappaz.

Cela dit, le juge valaisan a tenu à rappeler qu'une grève de la faim ne pouvait en aucun cas constituer un motif de libération. Il affirme ainsi haut et fort ne pas avoir cédé à la pression du chanvrier, qui a cessé de s'alimenter depuis 73 jours.

L'enquête se poursuit

Le producteur valaisan avait été mis en détention préventive le 14 novembre suite à une descente de police à sa ferme et à sa société Valchanvre. La police avait séquestré plus de 50 tonnes de chanvre et découvert un laboratoire de production de haschich.

Dès son arrivée en prison, Bernard Rappaz avait alors cessé de s'alimenter pour dénoncer ce qu'il considère comme une injustice. Le chanvrier ne comprenait pas pourquoi il était maintenu en détention. D'autant plus que les autorités envisagent une dépénalisation de la consommation du cannabis.

Durant 73 jours, il n'a bu que de l'eau et du thé, refusé toute perfusion ou boisson énergétique, selon son avocat Aba Neeman. De 90kg, il serait passé à 66kg.

Retour en prison dans un mois

Bernard Rappaz a maintenant un mois pour se refaire une santé. Ensuite, il retournera derrière les barreaux. Le chanvrier avait écopé d'une peine de seize mois suite à une autre affaire. L'affaire des coussins de chanvre de 1996.

Là encore, la justice a accepté le recours de son avocat. Aba Neeman avait demandé que l'exécution de cette peine soit suspendue pour que son client puisse reprendre des forces après sa grève de la faim.

Durant ces quatre semaines de liberté, le chanvrier a toutefois l'obligation d'avertir la police à chacun de ses déplacements. Déplacements qui devront être motivés uniquement par une raison d'ordre médical. S'il est libre, c'est pour se soigner et pas pour gérer ses affaires, a précisé le juge.

Alexandra Richard

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