Une bourse de l'emploi pour les séropositifs

Le nouveau portail pour les séroppositifs a été présenté vendredi à Berne. Keystone

Pour lutter contre les discriminations dont sont encore trop souvent victimes les personnes séropositives, l'Aide suisse contre le sida a créé une bourse d’emploi.

Ce contenu a été publié le 29 août 2003 - 16:36

Mais sur les 700 entreprises contactées, seules 90 ont pris la peine de répondre et 24 d'entre elles positivement.

Plus de 20’000 personnes vivent avec le VIH en Suisse, a expliqué vendredi devant la presse à Berne l'Aide suisse contre le sida.

Les nouveaux médicaments leur permettent toutefois de rester actives. 70 pour cent d’entre elles sont capables de travailler. Et aucune profession ne leur est interdite.

Malgré tout, les séropositifs sont nombreux à être discriminés professionnellement.

Protection contre la discrimination



Dans le cadre d'une étude menée par le Fonds national suisse (FNS), 28 % des personnes interrogées ont déclaré avoir perdu leur emploi une ou plusieurs fois en raison de leur séropositivité, selon Kurt Pärli, l'un des chercheurs.

En outre, 23 % des sondés ont dû révéler leur état de santé lors d'une procédure de candidature, et «la majorité (67 %) d'entre eux en ont subi les conséquences».

Or, le moyen de se protéger légalement contre de telles indiscrétions n'existe en général que sur le papier.

Les auteurs de l'étude du FNS proposent donc d'étendre la protection contre la discrimination dans les rapports de travail aux cas de discrimination à l'embauche.

Bourse de l'emploi sur Internet



Pour lutter contre ces comportements, l'Aide suise contre le sida a présenté une série de mesures, dont une bourse de l'emploi sur internet.

Le site www.workpositive.ch recense les offres et les demandes d'emploi, placées gratuitement, a souligné Caroline Suter, responsable du projet.

Le but de la démarche est de dévoiler publiquement quelles sont les firmes qui soutiennent l’embauche de séropositifs. Et aussi d’offrir une plate-forme à ceux qui cherchent un emploi.

Un succès encore mitigé

Mais, il faut bien dire que la démarche n’a pour l’instant rencontré qu’un succès mitigé.

Sur les 700 entreprises contactées, environ 90 ont répondu. Et seulement 24 positivement. Il n’y a d’ailleurs qu’une dizaine d’offres d’emploi sur le site.

Et pourtant, 40 entreprises contactées font partie de «Global Business Coalition on VIH/AIDS», une organisation dont le but est de combattre la pandémie.

Et là encore seules deux de ces firmes sont d’accord de contribuer à la bourse de l’emploi. Mais selon Ruth Rutman, directrice de l’Aide suisse contre le sida, les branches suisse ne connaissaient probablement pas l’engagement de leurs maisons-mères.

L’ignorance prévaut



«Nous nous y attendions et ne pouvons blâmer ces entreprises, a-t-elle encore déclaré à swissinfo. Elles ne l’ont pas fait par malveillance». Mais plutôt par ignorance, estime-t-elle.

«Maintenant, c’est à nous de les informer et de leur fournir des données claires, poursuit-elle. Cela indique vraiment que nous ne sommes qu’au début de la démarche. Et que ce thème n’est de loin pas la priorité de l’économie».

Pour les employeurs, c'est pourtant un moyen de témoigner à la fois de leur esprit progressiste et de leur sensibilité aux problèmes du sida, renchérit Caroline Suter.

Deux grands groupes ont d’ailleurs répondu favorablement: le distributeur suisse Coop et le géant du ciment Holcim.

En outre, soutenir le projet ne se justifie pas seulement d'un point de vue humanitaire, mais aussi économique.

«Il est autant dans l'intérêt de l'économie que des assurances sociales de permettre à des personnes présentant un handicap ou souffrant de maladies chroniques de subvenir dans la mesure du possible à leurs besoins», a rappelé Mme Rutman.

D’autres mesures



L'Aide suisse contre le sida a par ailleurs élaboré un guide à l'usage des employeurs. Une autre brochure destinée aux personnes qui recherchent un emploi ou exercent une activité lucrative est également en préparation.

Et des affiches, placées dans les cantines et les cafétérias des entreprises de tout le pays viennent compléter ce dispositif.

Elles entendent délivrer un message clair: «Toute forme de discrimination envers un séropositif est susceptible de le rendre vraiment malade.»

swissinfo

En bref

- Plus de 20 000 personnes vivent avec le VIH en Suisse, contre 42 millions dans le monde.

- Mais grâce aux nouveaux médicaments, 70 pourcent d’entre elles sont capables de travailler dans tous les domaines.

- Pourtant, selon une étude, 28% des séropositifs ont été discriminés lorsqu’ils ont déclaré leur maladie.

- Bien plus que la malveillance, c’est souvent l’ignorance qui alimente la peur du sida et motive le rejet.

- Deux exemples: celui d’une collègue qui refuse d’utiliser les toilettes communes ou un chef de service qui estime que son employé représente un danger pour la clientèle.

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