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Une essence plus chère pour désengorger les villes

L'augmentation du trafic, comme ici à Zurich, pose des problèmes en Suisse.

(Keystone)

Cantons et communes n'arriveront plus à gérer l'augmentation du trafic dans les agglomérations d'ici 20 ans. Ce diagnostic est dressé par un groupe d'experts fédéraux. Pour résoudre le problème, ils proposent de financer de nouvelles infrastructures via une hausse du prix de l'essence.

Présidé par le conseiller aux Etats Peter Bieri (PDC/ZG) et mandaté par le Département fédéral des transports, le groupe d'experts «financement du trafic d'agglomération» tire la sonnette d'alarme. L'augmentation du trafic risque bien de bloquer complètement le trafic urbain d'ici 20 ans.

Les deux tiers de la population vivant dans les agglomérations, il est urgent d'agir. Il faudra donc investir entre 5 et 7 milliards au cours des dix prochaines années, afin d'améliorer les infrastructures routières et ferroviaires dans les zones urbaines.

Mais le problème, c'est que les cantons et les communes n'ont généralement pas l'argent nécessaire pour couvrir de tels investissements. Les experts proposent donc que la Confédération leur vienne en aide en augmentant de 5 centimes le prix de l'essence. Cela rapporterait environ 320 millions de francs par an.

Face à ce projet, les réactions sont assez mitigées. Dans un communiqué, l'Association transport et environnement (ATE) écrit que ces propositions «font souffler un vent nouveau» sur les problèmes de financement urgents du trafic d'agglomération. L'organisation écologiste précise toutefois que l'argent «ne doit pas servir à financer des projets de route démesurés».

Hans Koller, secrétaire général de la Fédération routière suisse, est satisfait que la Confédération se préoccupe enfin des bouchons dans les zones urbaines. Il est donc prêt à examiner «d'une façon positive» une augmentation de l'essence. Il y met toutefois des conditions. Il veut notamment être sûr que l'argent servira bel et bien à l'amélioration de l'infrastructure routière.

Pour Beat Keiser, porte-parole de l'Association Suisse des transports routiers, l'affaire est finalement très simple: «si le projet devient réalité, on peut d'ores et déjà s'attendre à une hausse des transports, et donc des marchandises.

Du côté des clubs automobiles, les avis sont partagés. Pour l'Automobile Club Suisse (ACS), «celui qui exige une taxe supplémentaire sur l'essence méconnaît les réalités politiques».

En revanche, le Touring Club Suisse (TCS) est plus favorable à l'augmentation. Rudolf Zumbühl, membre de l'état-major de la direction générale, est en effet d'avis que l'amélioration des infrastructures, qu'elles concernent le trafic privé ou public, profitera aussi aux automobilistes.

Olivier Pauchard, Palais fédéral


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