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Une inauguration sur fond de polémique

La création du nouveau Centre pour la photographie s’est accompagnée d’une violente querelle entre les institutions de la photographie en Suisse.

En cause: l’aide de la Confédération. Mais une solution semble se dessiner qui devrait ramener le calme.

Sur le tableau des donateurs ayant soutenu les travaux de rénovation du bâtiment abritant désormais la Fondation suisse pour la photographie à Winterthour, une chose frappe: tous les cantons sont présents, sauf six ... cantons romands. Le Jura fait exception.

Peut-être fortuite, surtout en période de coupes budgétaires, cette absence est néanmoins symptomatique du malaise ambiant, même si tous les intervenants jurent qu’il n’y a pas de «röstigraben» dans la polémique.

Publique depuis fin octobre seulement, cette polémique a en fait éclaté durant l’été. La fronde est venue de Suisse romande.

«Mais elle était aussi soutenue par des Alémaniques», assure Christophe Brandt, directeur de l’Institut suisse pour la conservation de la photographie à Neuchâtel.

«Centres de compétences»

Explication: travaillant depuis 1998 à l’élaboration d’un projet de loi sur l’aide à la photographie, l’Office fédéral de la culture (OFC) a décidé de faire de la Fondation suisse pour la photographie son «partenaire» privilégié en la matière.

Comme le prévoit le projet de loi sur l’encouragement à la culture (LEC), la Confédération veut mettre sur pied des «centres de compétence nationaux qui fournissent en Suisse des prestations exceptionnelles dans certains domaines culturels».

Comme la Cinémathèque de Lausanne ou la Phonothèque nationale de Lugano, la Fondation suisse pour la photographie est de ces centres qui recevraient un «soutien ciblé et renforcé.»

Selon la décision prise par l’OFC, La Fondation recevrait deux tiers des subsides fédéraux, le reste allant aux autres institutions subventionnées.

Fonds bloqués

Les montants à venir sont encore l’objet de négociations. Ils étaient de 800’000 cette année pour la Fondation et de 400’000 pour les autres.

Mais après les protestations émises cet été, les 400’000 francs ont été bloqués. Ils pourraient être perdus si aucun accord n’est trouvé avant la fin de l’année.

Les protestataires soulignent qu’ils n’ont rien contre la Fondation ou contre le nouveau Centre de Winterthour: «Avoir un pôle fort, pourquoi pas, mais en associant les compétences des uns et des autres», explique Christophe Brandt.

Travail de pionnier

C’est là que le bât blesse: «Nous nous sommes sentis mis au pied du mur par une décision négligeant la reconnaissance symbolique de notre travail», dit Christophe Brandt.

«Beaucoup de spécialistes en Suisse romande ont accompli un travail de pionniers depuis plus de dix ans pour la conservation, l’archivage ou la restauration.»

«Nous avons fait beaucoup pour collaborer en réseau, poursuit le Neuchâtelois. Et tout à coup, c’est comme si on nous avait raflé la mise.»

Pour avoir davantage de poids, les professionnels ont en outre créé l’Association suisse des institutions pour la photographie (Asif) en 1996. Son président, Daniel Girardin, également conservateur au Musée de l’Elysée, est lui aussi monté «au front» contre la décision de l’OFC.

Pas consultés

«Nous avions accepté un compromis, rappelle Daniel Girardin, portant sur le fait que le Centre pour la photographie de Winterthour aurait plus d’argent. Mais nous n’avons pas été consultés sur les modalités exactes du partage des moyens à disposition.»

«Nous avons eu le sentiment, poursuit le conservateur, que la Fondation pour la photographie voulait s’arroger l’hégémonie sur la conservation du patrimoine.»

Ce que Peter Pfrunder, directeur de la fondation, conteste: «Nous ne pouvons pas et ne voulons pas tout faire! Certains fonds sont mieux gérés ailleurs.»

Le directeur espère d’ailleurs que ces querelles seront bientôt apaisées. «Ne pas travailler ensemble serait un acte de faiblesse», estime aussi Daniel Girardin.

Preuve de cette volonté d’apaisement: David Streiff, directeur de l’OFC, a fait le déplacement de Lausanne mardi pour rencontrer Daniel Girardin.

Accord provisoire

«Nous avons trouvé un accord, mais il devra encore être approuvé. Les membres de l’Asif rencontrent David Streif la semaine prochaine. Cet accord va vers un rééquilibrage des subventions entre la Fondation et les autres institutions», annonce Daniel Girardin.

swissinfo, Ariane Gigon Bormann, Winterthour.


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