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Une légère brise d'optimisme a soufflé sur Davos

La 34e édition du WEF a fermé ses portes dimanche.

(Keystone)

Après cinq jours de débats et de rencontres au sommet, le Forum économique mondial a fermé ses portes dimanche à Davos.

Dans la station grisonne, les envoyés spéciaux de la presse suisse ont constaté un retour à l’optimisme. Mais aussi l’absence de l’Europe.

«L’esprit de Davos n’a pas spécialement brillé en 2004. N’espérez pas tirer de cette 34e édition du World Economic Forum (WEF) un modèle économique révolutionnaire, la ‘killer application’, ou une nouvelle façon de relancer la croissance qui ébranlera vos certitudes.»

Le commentateur du quotidien romand Le Temps va droit au but.

Et Frédéric Levièvre de constater qu’au fur et à mesure de la succession des conférences, l’incertitude des entrepreneurs «s’est en grande partie dissipée». «Le poids des événements politiques qui a marqué les deux dernières éditions s’est allégé, ce qui libère le commerce.»

L’éditorialiste du quotidien populaire Le Matin dresse un constat identique. Un WEF moins politique que ses deux éditions précédentes: «la reprise économique a préoccupé bien davantage les 2000 ‘décideurs’ qui y participaient».

Et pour ces derniers, commente Laszlo Molnar, le retour vers la croissance, «dépend beaucoup des taux de change des monnaies», dictés par la politique monétaire américaine et par conséquent défavorable aux Européens.

Le malaise irakien s’est donc estompé à Davos, car même John Ashcroft, ministre de la Justice conspué l’an dernier «s’y est senti à l’aise», constate le journaliste du Temps.

Absence des Européens



Le Matin remarque comme la plupart des quotidiens, les défections de bon nombre des «grands de ce monde». Il y en avait moins que lors des éditions précédentes.

Mais c’est surtout l’absence remarquée de l’Europe - en tant que force unie - qui a fait beaucoup couler d’encre.

«Le Forum de Davos est un tremplin mondial pour qui sait s’en servir», déplore Jean-Jacques Roth en une du Temps. Le rédacteur en chef de ce quotidien regrette le peu de «grandes voix» européennes. «L’image du Vieux continent n’en est pas sortie grandie», avance-t-il.

Ce qui, selon la Tribune de Genève, a permis à une «Amérique triomphante», parce que «sans véritable contradicteurs», de n’avoir pas «dévié de sa ligne sur la guerre contre le terrorisme ou le commerce international».

Et cela malgré l’appel du vice-président Dick Cheney à «la nécessité de voir émerger ‘des institutions internationales plus efficaces’ ainsi qu’une ‘Europe forte’».

Euphorie contre «bide»

En Suisse alémanique, autant le Bund que la Neue Zürcher Zeitung (NZZ) se montrent presque euphoriques dans leurs commentaires sur la portée politique acquise par le WEF.

Le Bund donne une bonne note au 34e WEF, et salue la sécurité qui a été cette année «moins agressive» et visible.

S’il pense que le «credo du WEF, d’améliorer le monde, a acquis plus de crédibilité», le quotidien bernois ne ménage pas ses critiques.

L’interdiction de cravates ne pouvait pas cacher «que le fossé entre gagnants et perdants est encore profond. Et que les grands problèmes thématisés à Davos n’y sont pas résolus».

Si le Tages Anzeiger parle de Davos comme d’un «joyau», la NZZ tempère quelque peu son enthousiasme et dépeint l’esprit de Davos comme ayant été «apprivoisé».

Plus critique, le quotidien vaudois 24 heures évoque le «bide» du Forum «autant du côté des cols blancs que de celui des altermondialistes».

Le quotidien vaudois va même plus loin et pose la question qu’il estime clé: «la tenue de ce forum a-t-elle encore un sens pour la Suisse?»

«Quel gaspillage, affirme Nicolas Verdan. Que de désordres pour un non-événement présenté comme un incontournable rendez-vous politique international.» «Il est temps de l’orienter vers une voix de garage», conclut-il.

Un avis que développe aussi le quotidien fribourgeois La Liberté. «Scandales financiers, chômage, échec de la lutte contre le terrorisme: les participants au World Economic Forum se sont bien gardés de proposer des solutions.»

Les injonctions de Bill Clinton n’ont donc pas été entendues, constate le journaliste de La Liberté. C’est pourtant contraire aux injonctions de l’ancien président américain, qui en ouverture du WEF, avait supplié «presqu’à genoux les 2100 participants de cesser de bavarder et de passer à l’action».

swissinfo, Anne Rubin

En bref

- Plus de 250 sessions et de nombreuses réunions de haut niveau ont alimenté le 34e sommet annuel du World Economic Forum (WEF).

- Plus de 2100 dirigeants politiques et économiques les plus puissants de la planète s’y sont rendus.

- Cette année, avec une politique de tolérance zéro, la police a mieux réussi à maîtriser les manifestations. Elles ont par ailleurs été relativement calmes et ont fait moins de dégâts.

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