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Une liste noire aux multiples enjeux

Les consommateurs veulent en savoir plus sur les garanties de sécurité d'un avion.

(Keystone)

Après le crash de Flash Airlines, consommateurs et tours operators somment l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) de publier la liste des compagnies aériennes qui n’ont pas le droit de survoler la Suisse.

L’OFAC souhaiterait le faire. Mais le respect du droit international l’en empêche.

Un jour après la Fondation pour la protection des consommateurs (FPC), la Fédération suisse des agences de voyage (FSAV) a mis, mercredi, l’Office fédéral de l’aviation civile sous pression.

Ces deux groupements reprochent en effet à l’organe de régulation de l’aviation civile de ne pas vouloir publier la liste des 23 avions qui n’ont pas le droit de survoler le territoire suisse pour des raisons de sécurité.

«Si un tour operator veut travailler avec une compagnie aérienne, il doit pouvoir savoir si celle-ci figure sur cette liste ou pas», estime Walter Kunz, président de la FSAV.

De leur côté, pour obtenir la publication de cette fameuse liste noire, les associations de défense des consommateurs invoquent le droit à l’information des passagers.

Et d'insister: C’est tout de même la vie des voyageurs qui est en jeu, une fois que l’avion a quitté le sol.

«Un nombre croissant de clients nous demandent des informations sur la sécurité des compagnies aériennes et nous sommes obligés de leur répondre que même le gouvernement ne fournit pas ce genre d’indications», déplore Jacqueline Bachmann, directrice de la FPC.

L’OFAC fait de la résistance

En effet, l’OFAC se refuse à toute publication. Pour l’instant, l’organe helvétique affirme qu’un «Gentleman’s agreement» entre les gouvernements garantit aux compagnies interdites de vol dans un pays la confidentialité de leur identité.

Si la Suisse devait publier de telles informations, elle se mettrait elle-même hors jeu. «Nous n’allons pas prendre le risque de briser cette convention, et ainsi, de nous faire exclure de la Conférence européenne de l’aviation civile», explique à swissinfo la porte-parole de l’OFAC.

«La Suisse ne pourrait alors plus accéder aux données que partagent les autres membres du réseau», poursuit Célestine Perissinoto. Des propos que confortent partiellement les déclarations du directeur de la communication de l’Association internationale du transport aérien (IATA).

L’IATA met la pression sur les tours operators

«Si la Suisse change la règle, le système d’échange d’informations va s’écrouler et il risque d’être impossible d’obtenir des informations de la part des autres compagnies aériennes», explique William Gaillard sans pour autant plébisciter le statu quo.

«Premièrement, les tours operators devraient être obligés de donner à leurs clients le nom des compagnies aériennes qui les transporteront. Et deuxièmement, ces mêmes tours operators devraient pouvoir demander des certifications de sécurité aux compagnies qu’ils ne connaissent pas», renchérit William Gaillard.

L’IATA estime en outre que le public a le droit de connaître les noms des sociétés incriminées, mais seulement «en cas de graves manquements». Une ouverture à laquelle le secrétaire exécutif de la Conférence européenne de l’aviation civile (CEAC) s’oppose résolument.

L’OFAC soutiendra un changement de pratique

«Vous allez créer une situation d’incertitude qui serait une catastrophe parce que vous allez mettre dans les mains du public, aussi respectable soit-il, une information dont il n’est pas capable de d’apprécier la pertinence», regrette Raymond Benjamin.

«Vous allez créer une espèce de panique et des compagnies aériennes vont disparaître du jour au lendemain sur la foi d’informations qui ne sont valables qu’à un moment donné sur un avion donné», justifie le secrétaire de la CEAC.

De son côté, l’OFAC affirme qu’il soutiendrait «bien évidemment» une motion visant à affaiblir les règles de confidentialité au sein de la CEAC. Un revirement qui s’annonce bien difficile au vu des sommes qui sont en jeu et des changements structurels qu’il implique, en particulier pour les tours operators.

swissinfo et les agences

En bref

- Samedi, un boeing 737 de Flash Airlines s'est écrasé dans la mer Rouge près de la station égyptienne de Charm-el-Cheikh.

- Dimanche, les autorités suisses ont annoncé que la compagnie avait préalablement été bannie de l'espace aérien helvétique pour des raisons de sécurité.

- En fait, 23 autres avions d'autres compagnies n'ont pas l'autorisation de survoler l'espace aérien suisse.

- Les résultats des tests de sécurité effectués auprès des compagnies aériennes restent confidentiels d'après le fonctionnement de la Conférence européenne de l'aviation civile.

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