Navigation

Une marche pour briser le tabou du suicide des jeunes

Défiler pour dénoncer le suicide des jeunes. stopsuicide.ch

L'association Stop suicide manifeste samedi à Genève contre la première cause de mortalité chez les 15-24 ans en Suisse.

Ce contenu a été publié le 03 mai 2002 - 19:48

Un jeune se donne la mort tous les deux à trois jours en Suisse. Pire encore: alors que les décès prématurés par accident de la route et par maladie sont en constante diminution, la fréquence des suicides, elle, ne varie pas.

Face à ces statistiques, des jeunes genevois ont décidé d'agir. Regroupés au sein de l'association Stop suicide, ils défilent ce samedi dans les rues de Genève. Une marche silencieuse, pour contrer symboliquement le silence qui entoure, dans notre société, le suicide. L'occasion de se pencher sur ce phénomène de société.

Inconscients face à la mort

«Les adultes ont conscience du fait que, s'ils se suicident, ils vont mourir, explique Florian Irminger, de l'association Stop suicide. Les adolescents, eux, ne veulent pas forcément mourir. Mais plutôt voir leur enterrement, savoir qui pleure et qui a besoin d'eux.»

Bref, les jeunes n'auraient pas pleinement conscience de la portée de leur acte. «Ils ont le sentiment d'avoir un ticket retour pour revenir sur terre après leur décès, poursuit Florian Irminger. Mais l'aller-retour n'est pas possible.»

François Ladame, responsable des unités pour adolescents et jeunes adultes des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), surenchérit: «la plupart des jeunes qui font une tentative de suicide recherchent surtout un changement dans leur situation, devenue insupportable.»

«Ils sont dans une telle souffrance, une telle panique, que quelque chose doit changer. Et ce qu'ils recherchent n'est pas tant la mort comme une fin de tout, mais un changement», souligne François Ladame.

Autre particularité des 15-25 ans: ils doivent faire face à des difficultés comme que la boulimie, l'anorexie, la sexualité et, surtout, une fragilité du sentiment d'identité. En outre, beaucoup d'entre eux ont le sentiment de ne pas avoir leur place dans la société qu'on leur propose.

Deux fois plus de suicides qu'en Grande-Bretagne

En Suisse, le phénomène du suicide des jeunes est particulièrement inquiétant. Un exemple: en France, le suicide n'est que la deuxième cause de mortalité chez les jeunes, derrière les accidents de voiture. Et la Grande-Bretagne enregistre la moitié moins de suicides d'adolescents que la Suisse.

Comment expliquer ces disparités? Dans le cas britannique, Florian Irminger avance des pistes de réflexion: «est-ce parce que les jeunes filles qui avortent sont beaucoup mieux suivies ou parce qu'à partir de seize ans on a accès gratuitement à un psychologue et, aussi, à la pilule? Ce sont des questions que nous nous posons.»

De nombreux points doivent toutefois encore être éclaircis. Les causes du suicide des jeunes sont encore très mystérieuses.

Mais une chose est sure: pour aider les adolescents, ainsi que leurs proches, le dialogue est nécessaire.

swissinfo/Caroline Zuercher

La marche silencieuse de Stop Suicide part de la Place Neuve, à Genève, ce samedi à 14 heures.

Hotline Tel-me: 147

Ligne d'aide 24 heures sur 24 du Centre d'étude et de prévention du suicide, à Genève: 022/382 42 42

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Joignez-vous à la discussion

Avec un compte SWI, vous avez la possibilité de faire des commentaires sur notre site web et l'application SWI plus.

Connectez-vous ou inscrivez-vous ici.