Une marine qui ne coûte rien aux Suisses

Le navire de croisière "Switzerland" à quai à Bergen, en Norvège. Keystone Archive

Peu de Suisses le savent: la marine battant pavillon suisse ne coûte pas un sou au contribuable. Et son utilité n'est plus à démontrer.

Ce contenu a été publié le 12 novembre 2001 - 09:51

Forte de 24 navires, la marine marchande suisse - qui fête cette année ses soixante ans - sillonne toutes les mers du globe et transporte 900 000 tonnes de fret par année.

Certes, cela ne représente que le millième du trafic mondial, mais cette flotte a sa raison d'être. Mieux, elle est rentable. Pourtant, le Conseil fédéral vient de demander au parlement un crédit de 600 millions de francs pour l'acquisition de nouveaux navires.

En fait, cette somme est une sorte de garantie. «Ces crédits cadres existent depuis 1959, explique Jean Hulliger, mais ils n'ont jamais été utilisés. Lors de l'achat de navires dont les montants sont parfois gigantesques, ils permettent d'obtenir de meilleures conditions financières.»

Et le directeur de l'Office suisse de la navigation maritime d'ajouter: «contrairement à certains pays de l'Union européenne ou de l'OCDE, la Suisse ne paie aucun subsides aux armateurs».

En résumé, vous l'aurez compris: la marine helvétique ne coûte donc rien au contribuable suisse.»

Sociétés de services

Concrètement, les cinq armateurs ayant pignon sur rue en Suisse sont de très bons gestionnaires. Quant au pavillon rouge à croix blanche, il navigue bien sur l'océan, parfois houleux, de l'économie.

Pour Jean Hulliger, cette situation s'explique par les bonnes prestations de services de la marine marchande. «30% des produits pétroliers et 17% de nos importations passent par la mer et arrivent en Suisse par le Rhin. Et de nombreuses sociétés étrangères utilisent les services de la flotte helvétique en raison de son sérieux».

Les statistiques et les chiffres prouvent le bien-fondé des propos de Jean Hulliger. En effet, depuis soixante ans, la marine suisse fonctionne sans l'argent public. Et cela, malgré une concurrence acharnée.

L'intérêt d'entretenir une flotte

Etant donnée cette situation quasi idyllique, pourquoi l'Etat devrait-il encore se mêler des affaires maritimes? «Tous les pays le font, lance, Jean Hulliger. En ce qui nous concerne, l'Office de la navigation n'est en fait qu'une autorité de tutelle qui gère les problèmes de sécurité ou de navigation.»

Et Jean Hulliger de préciser: «sans même parler de la présence suisse hors des frontières, l'Etat à un intérêt certain à conserver ce pavillon, ne serait-ce que pour des raisons politico-économiques évidentes.»

Les attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington ont d'ailleurs mis en évidence la question de la sécurité de l'approvisionnement. Pour un pays comme la Suisse également.

Grâce à son soutien, l'Etat peut exercer une certaine influence sur la marine marchande. Ainsi, pour garantir les transports maritimes de tous les endroits de la planète vers la Suisse, les navires battant pavillon rouge à croix blanche peuvent être réquisitionnés en cas de guerre.

Jean-Louis Thomas

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