Une nouvelle fondation suisse pour conquérir le cœur des Américains

L'ancien secrétaire d'Etat Edouard Brunner. Keystone

La Swiss Foundation for World Affairs doit ouvrir ses portes à Washington d'ici au mois de juin, sous la direction de l'ancien secrétaire d'Etat Edouard Brunner. Mais l'ambassade de Suisse tient à ce que la nouvelle institution ne vienne pas marcher sur ses plates-bandes.

Ce contenu a été publié le 13 mars 2001 - 14:20

La Swiss Foundation for World Affairs devra batailler pour s'imposer aux Etats-Unis, et peut-être aussi face à l'ambassade de Suisse à Washington. «Le bras de la Suisse aux Etats-Unis, c'est l'ambassade, et la fondation n'est pas un instrument du gouvernement suisse», lance Pierre Combernous, numéro deux de la représentation helvétique.

La fondation que dirige l'ambassadeur Edouard Brunner complète le dispositif destiné à redorer l'image de la Suisse auprès du pouvoir américain. La Confédération a en effet créé Présence Suisse (qui ne se limite pas seulement aux Etats-Unis), puis en octobre dernier la Maison Suisse consacrée à la recherche scientifique à Boston.

Le budget de la nouvelle fondation, qui aura son siège à l'université John-Hopkins à Washington, est alimenté en partie par des fonds publics émanant des Départements des affaires étrangères et de la défense. Cependant, Pierre Combernous souligne qu'il s'agit d'une fondation et qu'elle sera gérée comme tel.

Edouard Brunner a déclaré à swissinfo son intention de «travailler la main dans la main» avec l'ambassade. Néanmoins, la vision de l'ancien secrétaire d'Etat semble ne pas être partagée par l'ambassade. «Il y aura des contacts, mais on ne va pas travailler de concert», déclare Pierre Combernous.

Le numéro deux de l'ambassade dément qu'il existe un conflit personnel entre l'ambassadeur Alfred Defago et M. Brunner, deux hommes qui ont la réputation de ne s'être jamais bien entendus.

«Ils ont peut-être des méthodes différentes, mais il n'y a pas de conflit entre eux», affirme M. Combernous avant d'ajouter: «Si on s'attend à du spectaculaire, on sera déçu». Il semble néanmoins que l'ambassade envisage la mission de la fondation d'une façon diamétralement opposée à la conception avancée par ses créateurs.

La Fondation se propose ainsi de promouvoir la politique étrangère de la Suisse aux Etats-Unis, en cultivant des relais d'opinion dans le monde des médias, auprès de l'administration et du Congrès, ainsi que dans la sphère universitaire.

De son côté, l'ambassade estime que la fondation devrait se cantonner aux relations avec les universités. «Nous faisons déjà beaucoup avec les milieux politiques et les médias, mais l'ambassade n'a pas les moyens de travailler avec le monde universitaire, et c'est là que la fondation peut intervenir, dans l'organisation de séminaires ou de colloques», suggère Pierre Combernous.

Par ailleurs, l'objectif déclaré de la fondation est de redorer l'image de la Suisse aux Etats-Unis, à la suite de la longue et douloureuse saga des fonds juifs en déshérence. Mais, sur ce point aussi, l'ambassade est en désaccord.

«L'affaire des fonds en déshérence n'a plus d'impact majeur sur les relations bilatérales, et donc je suis perplexe quand on parle de redorer notre image», explique ainsi le numéro deux de l'ambassade de Suisse.

Marie-Christine Bonzom, Washington

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