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Une ONG suisse s'engage pour un pétrole équitable

Travaux de forage dans le bassin de Doba, au sud du Tchad.

(Keystone)

Permettre aux plus pauvres de profiter de la manne pétrolière. C’est le défi que tente de relever Swissaid au Tchad.

Pour se faire, l’ONG helvétique soutien la société civile locale. Swissaid demande également au gouvernement suisse de s’engager en faveur de cet objectif.

«La Suisse doit faire pression sur le gouvernement tchadien pour qu’il poursuive la démocratisation et la décentralisation du pays», lance Simonetta Sommaruga, directrice de Swissaid, l’une des principales ONG suisse de développement.

«C’est la condition sine qua non pour que les revenus pétroliers profitent durablement à l’ensemble de la population tchadienne», ajoute la parlementaire socialiste de retour d’une visite sur place.

Le Tchad – l’un des pays les plus pauvres de la planète – vient en effet de rejoindre le club des pays producteurs de pétrole.

Depuis octobre dernier, un consortium pétrolier (Exxon-Mobil, Chevron et Petronas) dirigé par Esso (filiale d’Exxon-Mobil) exploite le bassin de Doba, au sud du pays.

Le consortium achemine ensuite l’or noir jusqu’à un terminal au large du Golfe de Guinée, via un oléoduc de 1070 kilomètres.

Un engagement sous condition

La grande nouveauté de ce chantier tient à l’engagement financier de la Banque mondiale (BM).

«La BM a fait le pari que ce projet allait profiter aux plus pauvres», précise Simonetta Sommaruga. La banque de développement a donc posé une série de conditions à sa participation.

Résultat: le parlement tchadien a ainsi adopté une loi qui fixe la répartition des revenus pétroliers. Cette loi – première du genre pour un Etat pétrolier – contraint le gouvernement tchadien à consacrer 80% des revenus pétroliers à la santé, à l’éducation et au développement rural.

La BM a également exigé que le consortium indemnise correctement les populations directement affectées par l’exploitation des champs pétrolifères.

Enfin, l’institution financière a obtenu la mise en place de plusieurs organismes de contrôle.

Ce cadre constitue déjà une première pour un secteur qui génère habituellement corruption, mal-développement et guerre civile.

Maintenir la pression

Mais il ne suffit pas, selon Swissaid. Raison pour laquelle l’ONG suisse – active au Tchad depuis 1965 – tente d’apporter un maximum d’information et d’expertise à la population et aux ONG locales.

«Il faut une pression constante pour que les compagnies pétrolières déclarent ce qu’elles versent au gouvernement tchadien», précise Ousmane Dianor.

«Et cette exigence de transparence s’applique également au gouvernement tchadien lui-même», poursuit le chargé de programme au Tchad pour Swissaid.

De fait, cette année fait figure de test pour savoir si le cadre fixé par la Banque mondiale produit ses effets. C’est en tout cas l’avis du canadien Jacques Guérin.

Le secrétaire exécutif du Groupe international consultatif (GIC) – l’un des organismes de contrôle – insiste également sur les capacités d’absorption de la manne pétrolière par le gouvernement tchadien.

«N’Djamena va toucher environ 60 millions de dollars par année. Son budget va donc quasiment doubler», précise Jacques Guérin.

L’investissement de la Suisse

Un défi également pointé par Simonetta Sommaruga. «Il faut renforcer les capacités de l’administration pour qu’elle puisse gérer ces retombées pétrolières», souligne la présidente de Swissaid.

La parlementaire socialiste estime que la Suisse peut fortement contribuer au succès du programme pétrolier tchadien. Et ce pour au moins deux raisons.

«Le Tchad est un des pays prioritaires de la coopération helvétique (DDC), rappelle Simonetta Sommaruga. Et ces projets visent justement la santé l’éducation et le développement rural. Des secteurs qui doivent profiter en priorité des revenus pétroliers».

«La Suisse est également membre du Conseil d’administration de la Banque mondiale, ajoute la parlementaire socialiste. A ce titre, elle peut aussi peser de tout son poids pour que la transparence voulue par l’institution financière ne reste pas lettre morte».

swissinfo, Frédéric Burnand, Genève

En bref

- Les ressources pétrolières du Tchad sont estimées à plus d’un milliard de tonnes de brut.

- Sa capacité de production est de 225'000 barils de pétrole par jour (Algérie: 735'000 barils/jour; Arabie Saoudite: 7,4 millions de barils/jours).

- Les compagnies pétrolières font pression pour exploiter de nouveaux gisements au Tchad.

- La Banque mondiale a financé la participation de l’Etat tchadien à la commercialisation de son pétrole.

- Le Tchad est le premier pays pétrolier doté d’une loi qui impose une allocation des ressources de l’or noir en faveur des plus pauvres.

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