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Une petite explosion remet en question la sécurité au Grütli

Le trou où était enterré le dispositif.

Peu après la fin de la Fête nationale du 1er août sur la mythique prairie uranaise, un petit engin enterré, relié à un détonateur à minuterie, a explosé.

La 'bombe', élaborée à partir de feux d'artifices, n'a causé aucun dégât. Les autorités ont ouvert une enquête.

L'engin qui a explosé mercredi à l'issue de la Fête nationale sur la prairie du Grütli, où était notamment présente la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey, était une pièce de feu d'artifice.

L'explosion a été déclenchée par un dispositif de mise à feu muni d'un retardateur, a annoncé jeudi la police cantonale uranaise. Le dispositif a vraisemblablement été enterré le jour précédent la cérémonie, a, de son côté, précisé le ministre uranais de la Sécurité Josef Dittli.

Enquête du Ministère public

Enterré dans un trou de 20 cm de diamètre et de profondeur, l'objet avait été recouvert de terre et d'herbe afin d'échapper à l'inspection préalable de la prairie par les policiers.

Cette petite explosion pose la question de la sécurité au Grütli. «La police est restée attentive durant la fête. Toutes les mesures de sécurité nécessaires avaient été prises», a pour sa part souligné Josef Dittli.

C'est la police scientifique de Zurich qui a été chargée des examens et des analyses. Quant à l'enquête ouverte contre inconnu, elle sera effectuée par le Ministère public de la Confédération car il s'agit d'un délit commis à l'explosif.

«Energie criminelle»

Pour Josef Dittli, il s'agit d'un acte «malintentionné et méchant». Sur les ondes de la radio alémanique DRS, le ministre uranais a déclaré jeudi qu'il considérait qu'«une énergie criminelle» avait motivé cet acte, même si ses auteurs avaient apparemment pour but de perturber la fête et non pas de faire des blessés.

«Une personne se trouvant à proximité de l'explosion aurait pu subir des traumatismes auditifs», a-t-il déploré. Lorsque celle-ci s'est produite, Micheline Calmy-Rey se trouvait par exemple à une cinquantaine de mètres.

Bilan final positif

Au lendemain de la fête nationale, le porte-parole de la Commission du Grütli Martin Hofer a confié que cette détonation lui avait laissé un «sentiment étrange sur l'estomac». Il a néanmoins exprimé le contentement de la commission quant au déroulement de la journée.

«La satisfaction domine largement après la fête, de la gauche à la droite de l'échiquier politique», a dit Martin Hofer.

Le porte-parole de la commission s'est aussi réjoui de l'engagement policier. Contrairement à l'année précédente à Brunnen (canton de Schwyz), les forces de l'ordre uranaises et lucernoises ont agi dans la discrétion, la modération et la simplicité, a-t-il relevé.

Le fait que quelques extrémistes de droite aient réussi malgré tout à se rendre au Grütli n'est pas un problème, selon Martin Hofer. «Le système de billetterie ne permet pas de contrôler les orientations politiques de tous les requérants», a-t-il précisé.

«Il est en revanche capital que l'extrême droite ne soit pas parvenue à être présente en masse et à perturber les célébrations», a estimé le porte-parole. Fondus dans la foule des 2000 visiteurs, les quelques militants sont restés calmes.

Pas de décision pour 2008

En ce qui concerne la fête de l'année prochaine, aucune décision n'a encore été prise par la Société suisse d'utilité publique (SSUP), dont dépend l'organisation du 1er Août au Grütli. Et il n'y en aura pas dans un avenir immédiat, a indiqué Martin Hofer.

Selon lui, une telle décision relève de la compétence de la nouvelle présidente de la SSUP, Anne-Marie Huber-Hotz. Mais la chancelière de la Confédération démissionnaire «ne décidera certainement rien le 2 août», a fait savoir Martin Hofer.

swissinfo et les agences

LE GRÜTLI

Selon la légende, c'est sur la prairie du Grütli que les représentants des cantons d'Uri, Schwyz et Unterwald se sont réunis pour fonder la Confédération, en 1291.

La prairie est devenue un lieu de mémoire patriotique dès le 17e siècle. Le souvenir du mythe fondateur s'est encore renforcé tout au long du 19e siècle.

C'est sur le Grütli qu'en 1940 le chef de l'armée suisse – le général Guisan – a fait un discours historique aux principaux officiers pour ranimer la volonté de résister à une éventuelle invasion allemande.

Une petite fête nationale est organisée chaque année sur le Grütli.

Par deux fois, en 2000 et 2005, des manifestants d'extrême-droite y ont insulté le président de la Confédération alors qu'il tenait un discours. Les mesures de sécurités ont été renforcées depuis.

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