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Une reine critique

La couverture du livre consacré à Christine Vasa, reine de Suède au XVIIe siècle.

Chez Bernard Campiche, a paru récemment «Avant que la mer ne se fige», traduction par Anne Cunéo d'un ouvrage de l'auteur alémanique Laure Wyss. Une belle et intelligente variation sur une figure historique complexe, Christine Vasa, reine de Suède (1626-1689).

Avouons-le, avant la lecture de ce livre, nous ne savions rien de Christine de Suède. Rien, si ce n'est que c'est sur son invitation que Descartes était allé s'enrhumer à Stockholm, pour y mourir après six mois d'un assez triste séjour. On avait entendu, aussi, que la jeune reine n'avait peut-être pas eu pour le philosophe tous les égards qu'il nous semblait mériter, qu'elle l'avait traité de haut. Bref on ne savait rien, on avait même quelques préventions.

Christine Vasa, fille du roi Gustave II Adolphe, orpheline à six ans de ce père héroïque, délaissée par une mère irresponsable, dû très tôt ne se fier qu'à elle-même. Naturellement douée pour l'étude, n'admettant rien sans examen, elle a su reconnaître les éléments propres à se gouverner et les moyens de son indépendance.

A son règne reste attaché le dénouement de la guerre de Trente Ans, mais surtout la sauvage anomalie de son abdication, de sa conversion au catholicisme et de son départ pour Rome et l'Europe.

Au terme d'un ouvrage lumineux, Laure Wyss nous présente l'œuvre écrite de la reine et le personnage prend toute sa mesure.

En 1670, en manière de programme à ses recueils, Christine note: «il faut concéder à l'âme un Empire», il n'en fallait pas plus pour nous donner envie de la lire. Ce programme qu'elle fixe sur le tard, la plume à la main, on comprend qu'elle l'a aussi rempli, moins consciemment sans doute, toute sa vie durant. Et l'on est sûr aussi que dans les pages que Laure Wyss lui consacre, intelligentes et sensibles, nous est livré quelque chose de son esprit, et que l'énigme demeure.

Guillaume Colnot

Laure Wyss, «Avant que la mer ne se fige», Bernard Campiche Editeur, 239 p.

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