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Une seconde langue nationale d'abord, l'anglais ensuite

Trois députées, trois langues: Brigitta Gadient (allemand), Géraldine Savary (français) et Chiara Simoneschi - Cortesi (italien).

(Keystone)

Selon la Chambre du peuple, la nouvelle Loi fédérale sur les langues doit obliger les écoliers à apprendre une seconde langue nationale avant l'anglais.

L'objet passe donc à la Chambre des cantons, où la bagarre est assurée. La Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique est en effet opposée à une solution aussi rigide.

C'est une victoire à la Pyrrhus qu'ont obtenue les partisans de l'apprentissage d'une langue nationale avant l'anglais jeudi au Conseil national. Une majorité des députés a passé outre le compromis noué par les cantons. Mais le Conseil des Etats ne devrait pas manquer de corriger le tir.

Comme attendu, cet examen de la loi sur les langues s'est concentré sur la question de l'enseignement des langues étrangères. L'émoi suscité ces dernières années par les décisions de plusieurs cantons alémaniques de commencer avec l'anglais a plané sur les débats.

Langues nationales menacées

La disposition donnant la priorité à l'enseignement d'une langue nationale à l'école a été acceptée par 112 voix contre 56, grâce au soutien de la gauche et de l'UDC (droite nationaliste).

«Un signal clair doit être envoyé aux cantons, car c'est une erreur de croire que l'ordre des langues enseignées ne joue pas de rôle», a souligné Christian Levrat, le député socialiste qui en 2004 avait relancé le projet de Loi sur les langues, auquel le gouvernement avait décidé de renoncer, pour des motifs financiers notamment.

Christian Levrat n'a n'a pas contesté que dans le domaine de la scolarité obligatoire, ce sont les cantons qui sont compétents, et non la Confédération. Mais pour lui, «donner la priorité à l'anglais plutôt qu'à une langue nationale conduirait un jour ou l'autre à la disparition de cette dernière du programme scolaire».

Première langue à choix ?

Emmenés par leurs élus alémaniques, les Radicaux (droite) et les Démocrates-chrétiens auraient préféré inscrire dans la Loi que les jeunes parvenus au terme de la scolarité obligatoire doivent avoir des compétences dans deux langues étrangères, dont au moins une nationale.

Les cantons resteraient ainsi libres de choisir quel idiome doit être enseigné en premier, comme le prévoit le concordat HarmoS approuvé la semaine dernière par la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP).

Cela permettrait de tenir compte de la solution trouvée par les cantons, tout en prenant en considération l'internationalisation croissante de l'économie et du savoir, ont fait valoir les deux partis bourgeois.

UDC minorisée

L'UDC, quant à elle, a créé la surprise: alors qu'elle partageait ces arguments sur le fond, elle a suivi le camp rose-vert.

Des considérations tactiques ont manifestement guidé ses élus, désireux de torpiller au final un projet qu'ils jugent inutile et coûteux (17 millions de francs environ). La Loi a toutefois été adoptée au final par 87 voix contre 68 et 15 abstentions.

L'UDC, tout en admettant comme les autres groupes que le plurilinguisme fait partie de l'identité et des richesses de la Suisse, avait annoncé la couleur dès le départ. En vain. Tant sa proposition de non entrée en matière que ses amendements visant à édulcorer le texte ont été balayés.

Question de cohésion nationale

Concrétisant l'article constitutionnel sur les langues de 1996, la Loi vise «à renforcer le quadrilinguisme comme singularité de la Suisse et à consolider la cohésion nationale». Outre la promotion du plurilinguisme individuel et institutionnel, l'accent est mis sur la sauvegarde du romanche et de l'italien.

La Confédération elle-même est priée de faire un effort. Elle doit veiller à accorder un traitement identique aux quatre langues nationales. Elle doit ainsi encourager les compétences linguistiques de son personnel et une représentation équitable des communautés.

Pour faciliter la compréhension au-delà des régions linguistiques, la Confédération pourra octroyer des aides financières pour faciliter les échanges d'élèves et d'enseignants, ainsi que pour certaines traductions.

La balle dans le camp des Etats

Comme prévu, la décision du Conseil national a récolté les critiques de la CDIP, pour qui «des années de discussion ont montré qu'il n'y a pas de consensus entre les différentes régions du pays en ce qui concerne l'introduction des langues étrangères dans l'enseignement».

Nul doute que cet avis pèsera de tout son poids lors de l'examen du texte par le Conseil des Etats.

swissinfo et les agences

La Loi

La Loi fédérale sur les langues nationales et la compréhension entre les communautés linguistiques réglemente les points contenus dans l'article 70 de la Constitution fédérale.

L'objectif est le renforcement du quadrilinguisme suisse et la consolidation de la cohésion interne du pays.

Le projet de loi prévoit, entre autres, l'enseignement d'une langue nationale comme première langue étrangère à l'école et le soutien financier aux cantons pour la création d'un Institut scientifique pour la promotion du plurilinguisme.

De plus, la Confédération devra contribuer au financement des associations qui organisent, à tous les niveaux scolaires, des échanges d'élèves et d'enseignants entre les communautés linguistiques.

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