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Universités suisses dans la tourmente

Les étudiants ont manifesté jeudi à Bâle.

(Keystone)

Projets de hausses des taxes, regroupements, voire, désormais, suppressions de branches: les étudiants des universités suisses sont inquiets.

Les Bâlois ont manifesté jeudi dernier contre le projet de supprimer trois branches et de réorganiser d’autres secteurs.

Pour le secrétaire d’Etat à la recherche Charles Kleiber, l’Université de Bâle fait preuve de «courage» et montre l’exemple. C’est ce qu’il a déclaré jeudi dernier sur les ondes de la radio alémanique DRS. Le projet de réorganisation du cursus académique de Bâle venait d’être publié.

Pour les étudiants en revanche, ce courage est bien plutôt un affront qui met en péril la qualité universitaire suisse. Ils l’ont fait savoir jeudi lors d’une manifestation tenue en fin d’après-midi.

Cette manifestation survient moins de dix jours après la proposition faite par des représentants de l’économie d’augmenter massivement les taxes universitaires. A Bâle, le projet porte principalement sur le contenu de l’enseignement.

Le Conseil universitaire - dans lequel figurent des conseillers d’Etat, l’ancien secrétaire d’Etat Franz Blankart ou l’ancien président du conseil d’administration d’UBS Alex Krauer - propose de supprimer trois branches: la géologie, les langues slaves et l’astronomie.

D’autres (sciences de la musique, physique nucléaire ou chimie analytique, entre autres), seront réduites et d’autres encore (droit, sociologie, sciences des médias) seront renforcées.

L’association des étudiants bâlois, la SKUBA, prévoit de «maintenir la pression» jusqu’à la présentation du projet définitif, fin mars. D’ici là, les facultés doivent prendre position.

Processus «inéluctable»

Du côté de la Conférence universitaire suisse (CUS), le secrétaire général Nivardo Ischi se montre serein face à la résistance étudiante. «C’est un processus général auquel aucune université n’échappera. Bâle ne fait que ce que toute université devrait faire, elle adapte son programme de cours.»

La CUS rappelle aussi que des processus de synergies sont en cours entre Berne et Zurich pour la médecine vétérinaire ou dans le renforcement des collaborations au sein de BENEFRI (collaboration entre Berne, Neuchâtel et Fribourg).

«Les étudiants veulent conserver la quantité des branches, mais ils doivent aussi se poser la question de la qualité», souligne Nivardo Ischi. «Le pire scénario, poursuit-il, c’est une université qui dilue son savoir et ses compétences dans tous les domaines. La mise en commun des ressources est inévitable.»

«Des discussions sont en cours dans toutes les universités, mais il est prématuré de parler de projets concrets, pour ne pas créer une insécurité inutile», conclut le secrétaire général.

L’enjeu économique

Alors que de nombreuses universités se sont déjà lancées dans des regroupements (BENEFRI) ou des transferts (la pharmacie de Lausanne à Genève, mathématiques, chimie et physique de l’Universtié de Lausanne à l’EPFL), Bâle est donc passée à la vitesse supérieure.

Treize postes de professeurs sont appelés à disparaître. Avec les réductions de salaires proposées et différentes mesures dans l’administration, l’économie globale devrait atteindre 12,5 millions de francs par année.

«Ces changements étant prévus pour 2008, tous les étudiants actuels pourront finir leurs études à Bâle, précise la porte-parole Maria Schoch Thomann. Et il faut mettre les choses en perspective: ce sont trois branches sur une centaine qui disparaîtront, si le projet est adopté.»

Pascal Häring, de l’association SKUBA, critique les choix stratégiques effectués ces dernières années: «L’université a créé de nombreuses nouvelles branches ou a dépensé une fortune pour un centre linguistique en obéissant aux demandes de l’économie de marché», critique-t-il.

Pour le secrétaire politique de l’UNES, Theodor Schmid, la composition du Conseil universitaire pose d’ailleurs problème: «L’université est censée être autonome. Mais ce sont des représentants de l’économie qui décident, dans une structure de «new public management». L’objectivité n’est pas garantie.»

Les étudiants ne sont pas opposés au principe des regroupements et des centres de compétence. Mais l’UNES réclame une coordination et un contrôle de qualité qui n’est, à son avis, pas assurés en l’état actuel.

swissinfo, Ariane Gigon Bormann, Zurich

En bref

- Le Conseil universitaire de l’Université de Bâle propose de supprimer trois branches (sur une centaine) d’ici à 2008: la géologie, l’astronomie et les langues slaves.

- Dans d’autres branches (sciences de la musique, physique nucléaire ou, entre autres, chimie analytique), l’offre des cours sera réduite.

- En revanche, le Conseil propose d’étoffer le programme en droit, sociologie ou sciences des médias – notamment.

- Bâle entend également renforcer les «Life Sciences», son point fort.

- Les étudiants protestent contre ce projet, qui doit faire l’objet d’un rapport définitif fin mars. Le gouvernement se prononcera ensuite.

- Dans toutes les universités suisses, la nécessité de faire des économies et de regrouper les compétences suscite des discussions sur les programmes.

- Berne et Zurich sont en train de créer une faculté unique de médecine vétérinaire, sur deux sites.

- Quant à la collaboration entre Berne, Fribourg et Neuchâtel (BENEFRI), elle devra être renforcée.

- Les étudiants s’inquiètent aussi de différentes propositions de hausses massives des taxes universitaires formulées récemment.

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