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Vache folle: la Croix-Rouge suisse veut limiter les dégâts

La décision de la Croix-Rouge suisse ne répond à aucune révélation scientifique récente. Elle a simplement choisi d’appliquer à la lettre le principe de précaution.

Les inconnues liées à la transmission de la maladie de la vache folle poussent la Croix-Rouge suisse à la prudence. En 2001, les centres de transfusion sanguine refuseront les donneurs ayant passés plus de six mois en Grande-Bretagne.

Conséquence de la nouvelle psychose suscitée ces dernières semaines par la maladie de la vache folle, la Croix-Rouge suisse a décidé de renforcer les mesures destinées à prévenir une éventuelle propagation de la variante humaine de l'encéphalopathie spongiforme bovine.

«Notre décision ne répond à aucune révélation scientifique récente, précise le docteur Guy Lévy, directeur médical du service de transfusion sanguine de la Croix-Rouge suisse. La semaine dernière, les directeurs des centres de transfusions ont simplement choisi d'appliquer à la lettre le 'principe de précaution'.»

En effet, les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas d'exclure une contamination de la maladie de Creutzfeld-Jakob par voie sanguine. «La transmission du prion par le sang n'a jamais été démontrée non plus, précise le docteur Guy Lévy. Mais nous préférons prendre des mesures excessives plutôt que d'être ultérieurement accusé laxisme.»

De toute évidence, la récente affaire du sang contaminé par le virus du sida, qui avait notamment éclaboussé la Croix-Rouge suisse, a fortement influencé cette décision.

Les services de Berne et de Lucerne ont d'ailleurs déjà introduit la mesure. Depuis quelques mois, ils refusent le sang des donneurs qui, entre 1980 et 1996, ont séjourné plus de six mois en Grande-Bretagne. Les 13 centres de transfusion sanguine de Suisse devront appliquer les mêmes règles d'ici à fin mars 2001.

Reste que les receveurs sont en droit de se demander pourquoi cette limitation intervient aussi tardivement et surtout, pourquoi elle ne touche que les donneurs ayant séjournés en Grande-Bretagne, soit 1 pour cent des donneurs, selon les estimations de la Croix-Rouge suisse.

«Les scientifiques ont désormais la certitude que la souche de la maladie se trouve en Grande-Bretagne où 80 personnes sont déjà mortes, argumente Guy Lévy. En comparaison, seules 3 personnes ont été touchées en France et la Suisse ne connaît aucun cas de contamination.»

Par ailleurs, le pic de l'épidémie a vraisemblablement été enregistré avant 1996. Selon Guy Lévy, «la mesure adoptée par les centres de transfusions sanguine est donc parfaitement appropriée à la situation.»

A noter toutefois que les Etats-Unis, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont restreint les dons de sang depuis le début de l'année déjà.

Mais la Croix-Rouge suisse n'en est pas restée là en matière de prévention contre la propagation de la maladie de Creutzfeld-Jakob. Depuis le 1er septembre 1999, elle applique un traitement des produits sanguins qui vise à réduire le nombre de globules blancs.

En effet, des travaux expérimentaux montrent que le sang non traité pourrait bel et bien contenir des charges infectieuses. Sans pour autant être capable de mesurer ces vecteurs potentiels de contamination, les chercheurs pensent qu'ils ont un lien direct avec les globules blancs.

Si les informations scientifiques restent maigres, les doutes sont, quant à eux, en nette augmentation. D'ailleurs la Suisse n'est pas le seul pays à s'interroger. Fin octobre, des experts français ont été chargés de réévaluer les risques de transmission par voie sanguine de la maladie de Creutzfeld-Jakob.

Vanda Janka



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