Vache folle: les éleveurs disent leur ras-le-bol à Pascal Couchepin

Les éleveurs veulent des tests de dépistage systématiques. Keystone Archive

Une centaine de paysans ont manifesté vendredi à Berne. Ils entendaient montrer leur exaspération face à la baisse constante de leurs revenus, suite à la crise de la vache folle. Ils en appellent au gouvernement pour les aider à remonter la pente.

Ce contenu a été publié le 23 février 2001 - 17:01

Massés devant le Palais fédéral, les agriculteurs ont en premier lieu demandé que les tests de dépistage de l'encéphalite spongiforme bovine soient systématiquement effectués. Cette mesure n'est certes pas le remède à tous les maux, mais elle permettrait de rétablir la confiance des consommateurs.

Les éleveurs réclament aussi un dédommagement pour les pertes qu'ils ont subies. Leurs revenus ont en effet diminué d'environ 30% suite à la crise de la vache folle. «Il faut réagir avant qu'il y ait des drames dans nos fermes», a déclaré Nicolas Savoy, initiateur de la manifestation. Et les éleveurs sont d'autant plus en colère qu'ils ne s'estiment pas responsables de la dernière crise de la vache folle survenue dans des pays de l'Union européenne.

Les éleveurs estiment que les 9 millions de francs débloqués par la Confédération pour soutenir le marché sont totalement insuffisants. Ils demandent donc au Conseil fédéral d'entrer en matière avec les organisations professionnelles paysannes, afin de mettre en place des mesures de dédommagement à l'intention des producteurs de bœuf.

Le secrétaire de l'Union des producteurs suisses (UPS) Fernand Cuche a apporté son soutien à la manifestation. Réclamant à son tour des tests systématiques, il a comparé l'ESB à une avalanche. En cas de coulée, les autorités font tout pour sauver les victimes. Quand le Conseil fédéral alloue neuf millions pour soutenir le marché, c'est un peu comme si les sauveteurs enlevaient une partie de la neige, mais laissaient les victimes dessous, a imagé Fernand Cuche.

Une délégation d'éleveurs a transmis ses revendications auprès du ministre suisse de l'Economie, Pascal Couchepin. Mais ce dernier s'en tient pour le moment à la ligne définie par le Conseil fédéral: les dépistages systématiques ne se justifient pas.

A l'issue d'une rencontre, vendredi matin, avec le commissaire européen Franz Fischler, Pascal Couchepin a en effet rappelé que seule l'élimination des parties à risque, comme le cerveau ou la moelle épinière, offre une sécurité totale.

Olivier Pauchard

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article