Vent de frilosité sur Genève

Les Genevois n’ont donc pas suivi leur gouvernement. Keystone

Une fois n'est pas coutume. A l'instar du reste de la Suisse, les Genevois ont rejeté nettement l'initiative «Oui à l'Europe». Et refusé - même si c'est de justesse - d'accorder le droit de vote et d'éligibilité à leurs étrangers.

Ce contenu a été publié le 04 mars 2001 - 19:12

A longueur d'année, Genève et ses élites vantent l'esprit d'ouverture de leur ville et le rôle d'avant-garde qu'elle joue souvent en Suisse. Mais, ce week-end, ses citoyens ont très sérieusement écorné cette image d'Epinal.

Et, à cet égard, le rejet à 58,9% de l'initiative du NOMES est particulièrement surprenant. D'autant plus que les Genevois s'étaient positionnés parmi les cantons les plus europhiles de Suisse lors des précédents scrutins.

Les Genevois n'ont donc pas suivi leur gouvernement qui avait pourtant recommandé officiellement de voter en faveur de l'initiative qui demandait une ouverture immédiate de négociations en vue d'une adhésion à l'Union européenne.

Et le président du Conseil d'Etat genevois, de constater la fin du particularisme genevois «Aucune commune n'a accepté l'initiative. Et, ajoute Carlo Lamprecht, il n'est plus question de röstigraben. La Suisse a retrouvé toute son homogénéité dans ce refus».

Le vote sur les droits politiques pour les étrangers, lui, est nettement moins tranché. A preuve, 48% des votants l'ont accepté. En outre, six communes - dont la ville de Genève - ont voté majoritairement en faveur de cet élargissement des droits politiques aux étrangers.

D'ailleurs, l'idée progresse. En effet, en 1993, elle n'avait recueilli que 29% des voix. «Même s'il est négatif, ce résultat démontre que les Genevois sont prêts, estime le président du comité «J'y vis, j'y vote», Antonio Hodgers. La prochaine fois, ça passera».

Maigre consolation pour les autorités: Genève a été parmi les premiers cantons à livrer ses résultats, grâce à son tout nouveau système de dépouillement électronique.

Frédéric Burnand

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