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Vidy théâtre d'un magnifique jeu de rôles

L'écrivain suisse devenu français Robert Pinget en 1965.

(Keystone Archive)

Au Théâtre de Vidy-Lausanne, Serge Merlin et Roger Jendly interprètent «Abel et Bela» suivi de «Nuit». Deux pièces de Robert Pinget qui interrogent le théâtre et ses jeux de miroir.

Jean-Michel Meyer met en scène au Théâtre de Vidy «Abel et Bela» suivi de «Nuit». Deux pièces du grand écrivain genevois Robert Pinget, très bien interprétées par Serge Merlin et Roger Jendly.

Pour faire passer le temps, Abel et Bela tentent d'écrire une pièce, d'en imaginer l'intrigue, les dialogues. Leur fable s'invente en même temps qu'elle se joue.

Au cœur de leur démarche, cette question lancinante: qu'est-ce que le théâtre? «Un acte qu'on pourrait recommencer indéfiniment», répond Pinget. Jean-Michel Meyer lui donne raison et choisit «Nuit» comme pendant théâtral à la première pièce. Fusion-absorption, donc, de deux textes.

Dans «Nuit», Abel devient Al et Bela, Ben. Tous deux sont les protagonistes d'une pièce qui elle aussi s'écrit en même temps qu'elle se joue et que la mort se vit. Grands comédiens, Merlin et Jendly savent improviser sur toutes sortes de thèmes.

Est-ce fiction ou réalité? Mirage. Jeu de miroir. Vertige du reflet. Al est en train de mourir. Près de lui, son ami Ben lui lit quelques pages sur le décès de Don Quichotte, étirant le temps avec les histoires de Cervantès.

Ce sont des histoires à dormir, ou à crever, debout. A la veille de ne plus être, Al parvient donc à devenir un autre. C'est peut être cela l'essence du théâtre dont la réussite repose sur une illusion.

Ghania Adamo

«Abel et Bela» et «Nuit». Lausanne, Théâtre de Vidy; jusqu'au 20 mai. Tél. 021/619 45 45

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