Vingt ans de symphonies avec le Sinfonietta

Jean-Marc Grob, directeur musical et cofondateur du Sinfonietta. www.regart.ch

Le Sinfonietta donne un concert pour ses 20 ans, jeudi, à Lausanne. L'occasion de faire plus ample connaissance avec cet orchestre indépendant.

Ce contenu a été publié le 30 janvier 2002 - 11:58

Le concert doit débuter par une courte pièce intitulée «Grobotnik» d'un jeune compositeur lausannois, truculent et malicieux, Thierry Besançon. «C'est une fantaisie mécanique pour grand orchestre symphonique», explique Jean-Marc Grob, directeur et cofondateur du Sinfonietta.

Témoins de notre temps

En effet, l'un des points forts de cet orchestre est d'interpréter beaucoup de musiques de compositeurs suisses. Cela dit, il a freiné ce mouvement. Il s'est rendu compte que le public éprouvait de la peine à suivre les compositeurs d'aujourd'hui.

Pour preuve, la fréquentation aux concerts du Sinfonietta avait baissé. Mais, depuis trois ans, avec son changement de répertoire, l'affluence est remontée à une honorable moyenne de 700 spectateurs par concert.

Cela dit, «nous ne renonçons pas à interpréter nos compositeurs helvétiques, tempère Jean-Marc Grob, car ils sont les porte-parole de la société d'aujourd'hui, les baromètres des nouvelles tendances. Leurs compositions témoignent de notre temps, de notre pays».

Brahms et Chostakovitch

La soirée de jeudi continuera avec un concerto pour violon, violoncelle et orchestre de Brahms. L'idée est de convier les solistes suisses Patrick Genest et Marc Jaermann, deux musiciens qui ont évolué dès la première heure dans l'orchestre.

Après l'entracte, le Sinfonietta interprétera la Première Symphonie de Chostakovitch. «Je tenais à ce que nos jeunes musiciens jouent cette œuvre, car elle a été composée en 1924, lorsque le compositeur russe n'avait que 19 ans. Il l'avait écrite pour son diplôme de composition au Conservatoire de Saint-Pétersbourg».

Devenir musicien d'orchestre

L'Orchestre des rencontres musicales a été fondé en 1981. Puis il a adopté le nom de Sinfonietta en 1996. Le but, à l'origine, était de permettre aux nombreux et jeunes musiciens indépendants de l'époque de pratiquer la musique dans un ensemble symphonique et d'acquérir ainsi une expérience de musicien d'orchestre.

Corollaire: en tant qu'orchestre indépendant, il a toujours dû vendre ses concerts. Souvent, ses engagements se concrétisent grâce à une coproduction: Un chœur est intéressé par ses services. Avec lui, le Sinfonietta monte alors un oratorio.

Celui-ci est donc une sorte de pallier intermédiaire entre les conservatoires et les institutions professionnelles, tels l'Orchestre de la Suisse romande ou l'Orchestre de Chambre de Lausanne.

Mais une concurrence s'ensuit forcément. Elle a pour conséquence de pousser le Sinfonietta à se distinguer par une originalité dans ses programmes musicaux. L'orchestre accompagne ainsi des films muets, donne des concerts à thème ou se produit dans les écoles.

Le Sinfonietta en parallèle

A ce jour, 130 musiciens composent le Sinfonietta. Pour un interprète qui s'adonne à toutes les activités de l'orchestre, cela représente 40% de son temps de travail.

C'est dire si, en parallèle, la plupart des musiciens doivent enseigner, peuvent se perfectionner, faire de la musique de chambre ou encore se lancer dans un autre ensemble, comme Patrick Genet et Marc Jaermann avec le quatuor Sine Nomine.

Dans le Sinfonietta, certains musiciens sont de passage pour quelques concerts. D'autres y jouent depuis des années. Toujours est-il que près de deux mille musiciens sont passés par cet orchestre qui a donné plus de 700 concerts et 35 opéras en Suisse romande.

Emmanuel Manzi

Concert Sinfonietta: Salle Métropole Lausanne, jeudi 31 janvier à 19h

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