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Virage à droite. Mais pas de révolution dans l’immédiat

Les gains de la droite populiste aux législatives ont secoué le pays et interpellé l'étranger. Pour autant, ils ne devraient pas entraîner de bouleversement dans le partage du pouvoir entre les quatre grands partis suisses.

Ce contenu a été publié le 25 octobre 1999 - 16:17

Les gains de la droite populiste aux législatives ont secoué le pays et interpellé l'étranger. Pour autant, ils ne devraient pas entraîner de bouleversement dans le partage du pouvoir entre les quatre grands partis suisses.

Les quatre partis gouvernementaux suisses ont totalisé quatre cinquièmes des suffrages, un record. Paradoxalement, et même si ces quatre partis détiennent près de 90 pour cent des sièges au parlement, gouverner n'en sera pas pour autant plus facile. Au contraire. Cela tient aux particularités du système politique suisse. Il faut comprendre que les vainqueurs de ces élections sont des «ultra-droites», qui, bien que membres d'un parti gouvernemental, n'en font pas moins leur fonds de commerce d'une attitude d'opposition à ce qu'ils appellent non sans dédain la "classe politique suisse".

Forts de leur succès, ils réclament aujourd'hui deux - comme les autres grands partis - des sept sièges que compte le gouvernement. La réponse à cette revendication tombera au plus tard au moment du renouvellement intégral du gouvernement, le 15 décembre prochain.

Trois options apparaissent, compte tenu de la particularité du système politique suisse, avec sa démocratie semi-directe qui permet au souverain, à tout moment en cours de législature, de corriger les choix du gouvernement et du parlement : reconduire la formule dite «magique» de partage du pouvoir entre les quatre grands partis (2 socialistes, 2 radicaux, 2 démocrates-chrétiens et 1 UDC); ou alors écarter la droite et constituer, à trois, un gouvernement de centre gauche; ou encore évincer les socialistes et former un gouvernement de centre droite. Dans ces deux derniers cas, on entre dans une systématique d'alternance, avec une opposition forte : c'est la perturbation assurée du système politique suisse. Voilà pourquoi l'option du statu quo paraît la plus probable, la mieux à même de tenir compte du caractère d'opposition des grands vainqueurs de ces élections fédérales.

Pierre-André Tschanz

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