Politique fédérale

Votation: Que demande l’initiative pour une immigration modérée?

Le 27 septembre, les Suisses sont appelés à voter sur l’initiative populaire pour une immigration modérée qui veut mettre fin à la libre circulation des personnes avec l’Union européenne. Explications.

Ce contenu a été publié le 15 septembre 2020 - 15:28

Le contenu de l’initiative: L’initiative «pour une immigration modérée», aussi appelée «initiative de limitation», a été lancée par l’Union démocratique du centre (UDC, droite conservatrice) pour que la Suisse puisse contrôler son immigration de façon totalement autonome. Le texte demande l’ajout d’un article 121b à la Constitution qui exclut tout traité de libre circulation des personnes. L’accord conclu en 1999 avec l’Union européenne (UE) devra prendre fin dans un délai de 12 mois en cas d’acceptation de l’initiative par le peuple.

L’UDC entend ainsi faire appliquer sa précédente initiative «contre l’immigration de masse», soutenue par une majorité des citoyennes et des citoyens le 9 février 2014 mais impossible à mettre en œuvre tant que l’accord sur la libre circulation est en vigueur, estime le parti.

Les partisans: L’initiative est soutenue par l’UDC et l’Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) qui estiment que l’immigration en Suisse est aujourd’hui «incontrôlée et démesurée». Ils affirment que leur texte permettra de diminuer le nombre d’immigrants peu formés, de mieux recruter du personnel hautement qualifié et de faire baisser la pression sur l’emploi, les salaires, le prix de l’immobilier, les terres cultivables ainsi que les assurances sociales.

Les opposants: Le gouvernement suisse, les deux Chambres du parlement ainsi que tous les autres partis politiques du pays invitent le peuple à rejeter cette initiative. L’abandon de la libre circulation limiterait les possibilités d’exportation pour les entreprises suisses, menacerait certains emplois, entraînerait une hausse des prix et aggraverait la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, mettent en garde les opposants. Les droits et l’accès au marché du travail des 760'200 Suisses établis à l’étranger seraient aussi remis en cause.

La situation actuelle: La droite conservatrice se retrouve seule contre tous, mais c’était aussi le cas en 2014 lorsqu’elle avait gagné la votation sur l’initiative «contre l’immigration de masse». Le contexte a toutefois changé: l’UDC aura du mal à jouer sur la crainte d’un afflux massif de travailleurs de l’UE, puisque l’immigration européenne a diminué depuis 2013.

Cette votation crispe encore davantage les contacts entre Berne et Bruxelles: les négociations sur l’accord-cadre, censé régler les relations sur le long terme entre la Suisse et l’UE, sont actuellement suspendues à la décision du peuple le 27 septembre.

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