Vuelta: les Espagnols prêts à rejoindre les Suisses dans l'histoire

L'édition 2000 de la Vuelta ne réussit guère aux Suisses, mais sourit aux Espagnols. Keystone

Dimanche 17 septembre à Madrid le podium devrait être espagnol. Exploit que seuls les Suisses ont réalisé à ce jour. Quant à l´équipe Kelme de Roberto Heras elle pourrait enfin remporter un grand tour après 21 ans de présence dans le peloton.

Ce contenu a été publié le 08 septembre 2000 - 16:27

Le peloton du Tour d'Espagne s'est offert un second jour de repos à Santander. Au bord du golfe de Gascogne, il n'était pas question de baignade. Un seul mot d'ordre avant de reprendre la route samedi pour une étape, sans grande difficulté, de 143,3 kilomètres autour de la capitale provinciale: repos et récupération. Car dimanche la Vuelta retrouve la montagne.

Samedi au départ il manquera le vainqueur 1999, Jan Ullrich. Au soir de l'étape de Saragosse l'Allemand a pris la tangente, plus préoccupé par l'échéance olympique de Sydney qu'une hypothétique deuxième victoire. Les portes d'un retentissant triplé espagnol, dimanche 17 septembre à Madrid, se sont ouvertes d'autant plus grandes.

Trois coureurs sur le podium? L'exploit n'est pas historique. En 1996, Zülle, Dufaux, Rominger entraient dans l'histoire de la Vuelta. Aujourd'hui, Rominger est à la retraite, Zülle et Dufaux traînent leur misère...

Afin de sauver les apparences, tous deux affirment vouloir remporter une étape. Question pertinente: en ont-ils encore les moyens, tant physiques que psychiques? D'autant que le Vaudois a déjà annoncé son abandon pour mercredi. Seul donc reste Oscar Camenzind pour tenter d'entrer dans le top dix. Quinzième du classement général, le Schwytzois pointe à 2'40'' de la dixième place.

Ce n'est pas «mission impossible» pour le vainqueur du Tour de Suisse 2000. Par le passé il a déjà démontré ses qualités dès que la pente s'accentue. Ecarté du Tour de France - la Lampre n'avait pas été retenue - ses réserves ne sont pas entièrement brûlées.

Sauf effondrement spectaculaire, le podium sera donc espagnol. Seul le Russe Tonkov (31 ans) pourrait encore brouiller les cartes. Mais l'Espagne sportive se pose une seule question: qui de Casero, Heras et Glez Galdeano finira en jaune? A26 ans Roberto Heras pourrait offrir à l'équipe Kelme sa première victoire dans un grand tour.

La doyenne du peloton est à quelques tours de roue d'un succès qui lui échappe depuis 21 ans. Jamais le budget (six millions de francs suisses cette saison) ne lui a permis de s'offrir un leader capable de graver le nom de la grande marque de vêtements et de chaussures de sport sur les tablettes. Pire: les recruteurs ont toujours attiré sous d'autres couleurs les bons coureurs qu'elle a découverts et formés.

A la fin de la saison il devrait en aller de même. Mapei, US Postal, Telekom voire Mercury sont prêts à payer la clause libératoire de Heras. Plus de deux millions de francs suisses. Et d'offrir à l'Espagnol un contrat mensuel de 125 000 francs. Le double de ce qu'il perçoit actuellement.

Pierre-Henri Bonvin

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