Walter Liniger, Bernois et prof de «blues culture» à Columbia

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Rencontre avec le Bernois Walter Liniger, bluesman et professeur à l'université de Caroline du Sud. Un portrait réalisé en 2000, à l'occasion de l'opération 'Swissmobile' avec la Radio suisse romande.

Ce contenu a été publié le 26 août 2009 - 15:23

Bientôt Washington... Alors, avant de redécouvrir les frimas du Nord, vite profiter encore un peu de la chaleur du Sud. Et le Sud, ici, on est encore en plein dedans.

«Les gens, ici, sont très fiers d'être Sudistes, et que la Caroline du Sud soit le berceau de la guerre de Sécession; même les jeunes emploient le terme de Yankees pour parler de ceux du Nord. Est-ce de l'humour ou non, je ne sais pas», me dit Walter Linniger.

Maître secondaire à Kehrsatz, près de Berne, il obtient en 1982 la permission de prendre un congé sabbatique de trois ans, et part aux Etats-Unis. Il voyage un peu partout, et découvre le Mississipi en 84. Choc.

Là, le cours de sa vie va basculer... Il faut dire que Walter est un blues addict depuis longtemps, précisément depuis le jour où il a écouté un disque de Lightnin' Hopkins.

Archives du blues

Ayant besoin d'argent, il parvient à se faire engager aux 'Archives du blues', qui viennent d'ouvrir leurs portes dans la bourgade d'Oxford. «Ils avaient une archiviste, mais pas de spécialiste du blues», précise-t-il.

L'occasion pour lui d'interviewer toute une galerie de personnages, des vieux noirs qui ont connu la «grande époque. Parallèlement, il part en tournée notamment avec le bluesman James Son Thomas, et joue aux Etats-Unis, mais aussi en Europe.

Se lassant des archives, il souhaite retrouver un job d'enseignant, parce qu'il aime profondément ce métier. Il cherche une place dans le Mississipi. Sans succès.

Mais en 1993, il décroche un poste de professeur à Columbia, à l'Institute for Southern Studies de l'université de Caroline du Sud. Principe de son enseignement: combiner la musique du Sud, principalement le blues, avec l'histoire et la littérature de la région.

Vocabulaire sans mémoire

«A l'Université, on a souvent tendance à séparer les matières. Moi j'ai proposé de les réunir. Comme je suis Européen, j'ai une perspective différente. Si j'étais en Suisse, je trouverais cela peut-être difficile, parce qu'on est fixé émotionnellement dans une perspective qu'on croit connaître. Si on est à l'étranger, c'est différent: on a un vocabulaire sans mémoire».

Un regret pour Walter: avoir dû quitter le Mississipi: «J'aime le Mississipi, comme on aime un pays. Il y a un rythme très lourd, très sombre. Ici, c'est différent».

Quoi qu'il en soit, à Kehrsatz, aurait-il pu imaginer le cours étrange que prendrait sa vie? «Pas du tout. Maintenant, quand j'y réfléchis, je me dis que c'est vraiment un privilège que d'être jeune: on ne pense pas à demain, on fait ce qui nous paraît important sur le moment...»

Bernard Léchot, Columbia, swissinfo.ch

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