Zorg, l'épreuve du feu

Catia, la chanteuse de Zorg swissinfo.ch

Le Montreux Jazz Festival n’est pas un lieu comme un autre… Le groupe lausannois Zorg en a fait l’expérience jeudi.

Ce contenu a été publié le 11 juillet 2003 - 14:22

Ils étaient à l’affiche du Miles Davis Hall avant Turin Brakes, les Stereophonics et Nada Surf.

Les artistes suisses programmés dans les salles du Montreux Jazz Festival sont rares. Y jouer représente donc une forme d’adoubement, une façon d’entrer dans la cour des grands. La pression que subissent les musiciens est évidemment proportionnelle à la taille de l’événement.

22 heures, backstage du Miles Davis Hall. Zorg est sorti de scène, sous les applaudissements nourris du – jeune – public. «Je suis encore ébahie et j’ai le sourire!» constate Catia, la chanteuse.

«Sur scène, je me disais ‘on fait un concert, c’est normal, tout va bien’. Et puis tout à coup je réalisais qu’on était à Montreux et je croyais que j’allais défaillir», rigole Totor, bassiste et claviériste, qui connaît pourtant bien le lieu: il y a longtemps travaillé comme technicien du son.

Bonne humeur moins évidente chez Guillaume, chanteur et fondateur du groupe, qui a eu des problèmes de retour de son: «La galère pendant tout le concert! Je suis frustré que cela se soit passé ici, ce soir, et de n’avoir profité de rien!»

Les festivals, Zorg les accumule cette année: Caribana à Crans-sur-Celigny, Festival de la Cité à Lausanne, Open Air de Saint-Gall… et Montreux. Mais ce dernier, c’est différent: «C’est un festival de légende, de renommée internationale, ça fait des mois qu’on y pensait» dit Catia.

Oasis de calme

Zorg est un trio acoustique. Leur dossier parle d’envie de douceur, de «chansons fragiles et diaphanes». Une démarche que, pour le moment, ils ont traduit en deux albums, «Zorg» et «A certain idea of love», paru au début de cette année.

En scène, le groupe s’augmente d’une batterie, d’un violon, et, pour l’occasion montreusienne, d’un alto. Ambiance zen, petites bougies décorant la scène et branches de lierre entourant pieds de micros et éléments de batterie…

Le son est beau et limpide, les voix de Guillaume et de Catia, parfois en harmonie, souvent à l’unisson, sont sobres et maîtrisées. On navigue entre ambiances new age et pop rêveuse, aux mélodies fluides. Risque de cette approche: une apparence de répétitivité, car l’écoute d’un concert n’est pas nécessairement identique à celle d’un disque.

Alors malgré le côté éthéré des compositions et le statisme de ses compagnons, Catia virevolte, elfe aux cheveux rouges, apportant une dimension visuelle au spectacle par ailleurs soutenu par des éclairages réussis.

L’âge de ses artères

Guillaume et Totor viennent du rock plutôt dur. Le virage a été pris en 1998. Pourquoi ont-ils un beau jour commuté sur une musique douce et acoustique? «Parce qu’on était vieux», répond Guillaume qui ne l’est pas vraiment.

Et de préciser: «Avec notre groupe de ‘metal’, on se sentait en décalage avec le public. Envie de communiquer autre chose.» Guillaume lance donc l’idée, et est rejoint par Totor, que le projet séduit. Quant à Catia, elle vient du théâtre, et s’est coulée avec bonheur et étonnement dans le rôle de la chanteuse.

Comment imaginent-ils Zorg dans dix ans? Tous sont d’accord: ils feront encore de la musique et des disques. «De la pop gériatrique», résume Totor en se marrant.

A propos de gériatrie… A l’extérieur, face au Palace, une équipe de télévision française tourne un talk-show. D’où je suis, à une vingtaine de mètres du plateau, j’aperçois le présentateur Guillaume Durand, Georges Moustaki, Julien Clerc et… un rappeur en survêtement «chic» et bonnet blanc.

Ayant un doute sur l’identité de l’homme en question, j’interroge une jeune fille, regard émoustillé et nombril à l’air réglementaire, qui se trouve à côté de moi. Elle est stupéfaite par ma question. «C’est dingue, tout le monde reconnaît Julien Clerc, mais pas Craig David. Putain, Julien Clerc, c’est un moustique à côté de Craig David!».

Zorg a donc raison… dans le secteur de la variété, on relève vite de la pop gériatrique.

swissinfo, Bernard Léchot à Montreux

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