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Zurich, cœur de la nouvelle économie, a besoin de cerveaux

(swissinfo.ch)

La région zurichoise est devenue le centre des nouvelles technologies en Suisse. Mais comme le montre une étude, publiée ce mardi par la Banque cantonale zurichoise, ce secteur souffre d'un manque cruel de personnel qualifié.

Zurich, Silicon Valley helvétique? La ville des bords de la Limmat, et sa région, ne souffrent pas la comparaison avec San Francisco. Mais elle est sans conteste devenue le cœur de ce nouveau secteur économique, regroupé autour de l'Internet, des télécommunications, des nouveaux médias et de l'informatique.

L'étude publiée par la Banque cantonale zurichoise, et préparée par le bureau de conseil INFRAS, avance des chiffres. Ainsi les nouvelles technologies occupent, dans le canton, plus de 40 000 places de travail à plein temps. «Cela représente 31% des employés de ce secteur en Suisse», précise Susanne Stern, l'un des auteurs de l'étude et qui compare la situation de Zurich à la Scandinavie ou à la Grande-Bretagne.

Le degré de pénétration des nouvelles technologies varie, naturellement, en fonction de la taille et du type d'activité (les PME sont plutôt à la traîne, de même que le commerce et l'industrie), mais les entreprises zurichoises en font, dans l'ensemble, un usage massif. 89% d'entre elles utilisent l'Internet pour se procurer des informations et 92% communiquent par courrier électronique.

Mais de quoi dépend le développement de ce secteur? C'est la question à laquelle les auteurs de l'étude zurichoise ont également tenté de répondre. Et parmi les facteurs qu'ils ont dégagés, on trouve notamment le niveau de l'offre en matière de nouvelles technologies: accès aux télécoms, à l'Internet, etc.

Les entreprises semblent en être satisfaites. Mais le rapport relève tout de même que si l'on compare à la fois le prix et les performances de ces services, Zurich a du retard par rapport à d'autres métropoles européennes. «En libéralisant encore le marché, notamment le «last mile», on pourrait faire baisser les prix», propose Susanne Stern.

Mais le facteur essentiel, pour assurer le développement de cette nouvelle économie, ce n'est pas la technologie. Ce sont tout simplement les hommes. Il y a dans ce secteur un manque cruel de main-d'œuvre qualifiée. Ainsi, la moitié de l'ensemble des offres d'emploi adressées à l'Office du travail de la ville de Zurich concerne des postes dans l'informatique.

En outre, les auteurs de l'étude avertissent: la pénurie actuelle devrait encore s'accentuer et freiner le développement de cette fameuse nouvelle économie. Leur première recommandation concerne donc la formation: il faut plus de d'informaticiens.

Mais c'est en fait un effort très large qui doit être accompli, comme le suggère Susanne Stern: «Il ne faut pas seulement former des spécialistes, mais toute la population, pour que tout le monde puisse utiliser ces nouvelles technologies».

Pierre Gobet, Zurich


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