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Non au second parc national suisse


Comment la peur de la «bureaucratie environnementale» a eu la peau du Parc Adula







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Le Parc Adula ne verra pas le jour. Appelée à se prononcer sur le projet, la population locale a eu peur de voir ses libertés restreintes, estime l'ex-député Andrea Hämmerle. 

(KEYSTONE/Arno Balzarini) (Keystone)

Le Parc Adula ne verra pas le jour. Appelée à se prononcer sur le projet, la population locale a eu peur de voir ses libertés restreintes, estime l'ex-député Andrea Hämmerle. 

(KEYSTONE/Arno Balzarini)

(Keystone)

Seules 9 des 17 communes tessinoises et grisonnes concernées ont voté en faveur de la création du «Parc Adula». Le projet d’un second parc national suisse est ainsi enterré. Le politicien grison Andrea Hämmerle en explique les raisons.

Le Parc Adula aurait dû être le premier parc national au monde à voir le jour sur une base démocratique. Mais il n’en sera rien: 8 communes ont dit «non» à ce projet, dont celles de Blenio au Tessin et de Vals dans les Grisons, qui auraient dû figurer dans la zone centrale du parc. 

swissinfo.ch: Les initiants ont entrepris d’importants efforts pour intégrer dès le départ la population au projet et l’informer de manière exhaustive. Malgré cela, c’est un «non» qui sort des urnes. Pourquoi?

Andrea Hämmerle: Au cours de la campagne, deux critiques principales ont été formulées à l’encontre du Parc Adula, à savoir qu’il s’agissait d’un monstre bureaucratique et qu’il restreignait la liberté de la population indigène. Ces arguments ont tous les deux trait à la grande méfiance qui règne à l’égard de la «bureaucratie environnementale».   

swissinfo.ch: En raison de cette méfiance, la démocratie directe et ses méthodes de délibération ont-elles échoué?

A.H.: Non, on ne peut pas dire cela. Il est vrai que la création d’un parc national n’a pratiquement aucune chance de réussir dans une démocratie directe si seules les personnes directement concernées ont la possibilité de décider. Mais on ne peut pas pour autant accuser la démocratie directe d’avoir échoué. Il faut toutefois souligner qu’avec cette méthode, on ne construira aucun parc national. Ce n’est pas un phénomène uniquement suisse ou grison, c’est valable partout. Je ne connais aucun parc national dans le monde dont la création a été décidée directement par la population concernée.

swissinfo.ch: Comment l’expliquez-vous?

A.H.: Par la peur de voir sa liberté restreinte et que des personnes extérieures décident du destin de la population locale. C’est partout pareil. Mais lorsque le parc national est là, c’est différent. La critique demeure mais elle diminue, parce qu’on voit également les avantages que procure le parc. 

 (swissinfo.ch)
(swissinfo.ch)

swissinfo.ch: Est-il légitime que la démocratie locale puisse couler un projet d’importance nationale?

A.H.: Si on souhaite véritablement concrétiser l’idée d’un parc national, alors on doit faire voter un cercle plus large de citoyens. Mais passer par-dessus l’avis de la population locale est également problématique. C’est tout le dilemme.

swissinfo.ch: Le Parc Adula est-il mort?

A.H.: Oui, le Parc Adula est mort car des communes importantes ont dit «non» au projet. 

Un deuxième parc national ne pourra-t-il voir le jour en Suisse que s'il est ordonné par le gouvernement fédéral? Votre avis nous intéresse. 


(Traduction de l'allemand: Samuel Jaberg)

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