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Bons offices La Suisse maintient le lien entre Washington et Pyongyang

Karikator
(swissinfo.ch)

En public, les menaces. En coulisses, la diplomatie et la désescalade. Discrètement, mais avec succès, la Suisse joue les médiateurs entre les Etats-Unis et la Corée du Nord. La semaine dernière, un ancien diplomate américain et un représentant de Pyongyang se sont entretenus à Montreux.

Ce fut une rencontre comme il y en a de temps en temps: en marge d’une conférence internationale, au niveau inférieur, discrète et informelle. Et pourtant, elle est importante, car elle représente un reste de normalité dans les relations entre la Corée du Nord et les Etats-Unis. Lesquelles sont tendues comme elles l’ont rarement été après les essais nucléaires de Pyongyang et les menaces de Washington. Dans une telle conjoncture, même les petits pas sont significatifs. La Corée du Nord et les Etats-Unis continuent de se parler, par la voix d’un haut fonctionnaire du régime et d’un ancien secrétaire d’Etat adjoint.

Discussions informelles

La conférence a débuté lundi, le Conseil de sécurité de l’ONU venait de prononcer des sanctions très sévères contre la Corée du Nord. Selon la chaîne de télévision japonaise NHKLien externe, Evans Revere, ancien secrétaire d’Etat adjoint pour l’Asie de l’Est, a parlé avec Choe Kang Il, vice-directeur général des affaires pour l’Amérique du Nord au ministère nord-coréen des Affaires étrangères. Pour autant, les détails de cette réunion informelle n’ont pas été divulgués. Choe est parti de Montreux en voiture sans avoir rien dit de concret aux journalistes japonais sur le contenu des discussions.

Bildschirmfoto

Evans Revere et Choe Kang Il – capture d’écran de NHK.

(NHK)

Sur invitation du DFAE

La rencontre entre les deux diplomates a eu lieu à Glion sur Montreux, en marge de la sixième édition de la Conférence annuelle sur la sécurité en Asie du Nord-Est, dite Zermatt RoundtableLien externe, organisée par le Département fédéral des Affaires étrangères et le Centre genevois pour la politique de sécurité (GCSPLien externe). Selon ses organisateurs, la Conférence vise à instaurer «des discussions ouvertes, informelles et substantielles sur la situation sécuritaire actuelle dans le Pacifique Nord», afin de «promouvoir la stabilité dans la région». Depuis des décennies, la Suisse offre ses bons offices pour une solution dans le conflit avec la Corée du Nord.

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Début septembre, la présidente de la Confédération Doris Leuthard avait proposé explicitement les bons offices de la Suisse comme médiateur entre les deux pays. Une des tâches de la Suisse pourrait être de trouver un lieu adéquat. «C'est notre rôle de regarder quelles possibilités existent, car Twitter ne sera pas un instrument adéquat... Cela doit se faire de manière discrète», avait alors dit Doris Leuthard.

La Corée du Nord cherche «l’équilibre des forces»

Immédiatement après la fin de la Conférence, la tension avec les Etats-Unis s’est encore accrue. Jeudi, la Corée du Nord a procédé à un nouveau tir de missile. Celui-ci a survolé le Japon et disposait d’une portée suffisante pour atteindre la base américaine de l’île de Guam, dans le Pacifique. Cet essai devait «atténuer la convoitise guerrière des Etats-Unis», selon le régime nord-coréen. L’objectif serait d’atteindre un «équilibre des forces» entre les deux pays.

Sur son chemin du retour de Suisse, Choe Kang Il s’est entretenu vendredi avec des journalistes à Pékin. Il n’a commenté que le tir de missile, qui ferait partie du plan connu visant à renforcer les positions nucléaires de la Corée du Nord. Choe a également déclaré que son pays ne retirerait jamais ses bombes et ses missiles de la table des négociations tant que les Etats-Unis maintiendraient une attitude hostile envers la Corée du Nord et la menaceraient de leur arsenal nucléaire. Selon lui, le dialogue ne pourra commencer que quand les Américains auront abandonné leur politique hostile et leurs sanctions.

«L’administration Trump serait bien avisée de revoir sa manière d’envisager la Corée du Nord»

Choe Kang Il, diplomate nord-coréen

Fin de la citation

L’option militaire n’est pas la première envisagée

A la question de savoir ce qu’il avait dit à son interlocuteur américain à la rencontre de Montreux, le négociateur nord-coréen a répété que le programme nucléaire et de missiles de son pays étaient des mesures d’auto-défense. A la chaîne de télévision américaine NBC, il avait récemment déclaré que «l’administration Trump serait bien avisée de revoir sa manière d’envisager la Corée du Nord». Vendredi, après le nouveau tir de missile, le conseiller à la sécurité nationale américain Raymond McMaster avait dit qu’il existait «une option militaire», précisant qu’elle n’était toutefois pas la première envisagée.


Traduction de l’allemand: Marc-André Miserez

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