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Classement Zurich au top, Genève à la traîne

Making the most of the sunny weather at the Seebad Enge public baths in the centre of Zurich

Les bains publics Seebad Enge au centre de Zurich.

(KEYSTONE/Ennio Leanza)

Les villes suisses occupent souvent une place élevée dans les enquêtes mondiales sur la qualité de vie. Mais leurs politiques urbaines sont-elles durables? Le think tank Avenir Suisse a mené son enquête.

Think tank du patronat helvétique basé à Zurich, Avenir Suisse a examinéLien externe les politiques urbaines des dix plus grandes villes suisses et les a classées selon 47 indicateurs dans huit domaines spécifiques, allant de la qualité des services administratifs à la mobilité en passant par l'équilibre vie privée et vie professionnelle.

Comme dans l'enquête sur la qualité de vie réalisée par MercerLien externe en 2018, Zurich est en tête du classement (avec 64,7 points sur un total de 100). Zurich excelle dans la gestion des budgets de l’Etat, pour son offre culturelle, éducative, son équilibre travail-vie privée et son climat propice à l’économie.

Ces dernières années, les comptes de la ville étaient équilibrés et «des investissements suffisants» ont été réalisés, selon Avenir Suisse. Le climat favorable aux entreprises de Zurich repose sur son secteur bancaire traditionnellement fort, l’Ecole polytechnique fédérale (EPFZ), sa bourse et son aéroport international, le plus grand du pays.

La densité élevée de structures de garde d’enfants - 43 places pour 100 enfants d’âge préscolaire - en fait également un lieu de séjour idéal pour les jeunes parents qui travaillent. Après ces tonnerres d’applaudissements, l’institut zurichois ose quelques bémols tout de même. La capitale économique de la Suisse pécherait en matière de politique sociale et pour son faible usage du vélo.

Bâle (62,8), deuxième, obtient aussi de bons résultats dans la plupart des domaines, y compris la gestion des fonds publics, son environnement économique et ses politiques sociales et d'intégration. Avenir Suisse estime que le marché local du logement est également réglementé plus efficacement que dans les autres villes.

Berne (62,7), la capitale, se distingue en matière de gestion financière. Les chercheurs ont été particulièrement impressionnés par le succès avec lequel l’administration bernoise a réduit sa dette. 

Berne fait aussi fort avec une politique culturelle «libérale et efficace». Par contre, Berne ne serait pas, selon le think tank libéral, «un lieu de travail très prisé du secteur privé». L’étude critique aussi les interventions jugées excessives des responsables sur le marché du logement.

En quatrième position, Lucerne (58,3) obtient les meilleures notes pour ses politiques de transport, d'énergie et d'infrastructure.

Une Suisse latine en queue de peloton

Les deux plus grandes villes romandes ainsi que la bilingue Bienne et l'italophone Lugano pointent, elles, en fin de classement. Tout à l’ouest du pays, Genève se trouve tout en bas du tableau (38,8). La ville a bien obtenu de bons résultats pour ses parcs et ses espaces publics, mais son marché du logement est décrit comme «de loin le plus inefficace». Lanterne rouge également pour son environnement professionnel, Genève est avant-dernière pour la mobilité urbaine, en partie à cause des problèmes de circulation dans le centre-ville.

Avenir Suisse ajoute que la cité de Calvin a également des coûts administratifs élevés, en augmentation de 10% par habitant entre 2010 et 2016. Un diagnostic qui coïncide avec le scandale suscité par des notes de frais extravagantes du Conseil municipal.

Egalement sur la sellette, l’ancien président du Conseil d’Etat genevois Pierre Maudet n’a pas hésité à réagir. «L'étude comprend de nombreuses erreurs méthodologiques et lacunes démontrant un manque flagrant de connaissances du fonctionnement politique romand et, plus spécifiquement, genevois», écrit le magistrat dans un point de vue publié dans la Tribune de Genève.

L’autre grande ville lémanique, Lausanne, s’est classée septième. Bien notée pour ses politiques sociales et culturelles, son environnement de démarrage et ses espaces verts, mais mal pour sa mobilité, en particulier pour sa politique envers les cyclistes. Avenir Suisse relève que les employés communaux sont en congé maladie 13,2 jours par an en moyenne, beaucoup plus que dans les autres villes. L'administration locale serait également coûteuse et bureaucratique. Par exemple, il faut plus de 200 jours - un mois de plus que d’autres villes suisses - pour obtenir un permis de construire, relève l’étude.

Un rapport truffé «d'erreurs, d'approximations et de préjugés idéologiques», a commenté le maire de la ville, le socialiste Grégoire Junod. Et de relever que Lausanne a été mal notée en matière de mobilité parce que ses transports en commun étaient considérés comme trop bon marché. Le maire s’indigne aussi que Lausanne soit classée derrière Berne pour son offre culturelle. «Cela fera rire les connaisseurs», a-t-il commenté.

Directeur d'Avenir Suisse, Peter Grünenfelder l’admet: «Nous constatons une différence politique et de mentalité en Suisse latine par rapport aux principes que nous défendons.»

Renaissance urbaine

Malgré ces disparités, les dix villes suisses - comptant plus de 50 000 habitants et principalement gérées par des gouvernements de centre-gauche - ont généralement été louées par les auteurs de l'étude. Contrairement à de nombreuses grandes villes du monde, leurs finances publiques sont généralement sous contrôle et leurs dettes sont peu élevées, assure le rapport de 196 pages. Les administrations fonctionnent raisonnablement bien et les dix villes offrent une infrastructure de haut niveau.

Avenir Suisse estime que les agglomérations suisses ont connu une renaissance grâce aux réformes économiques, à la mise en œuvre des accords bilatéraux avec l'Union européenne, à l'afflux de travailleurs étrangers hautement qualifiés et à un marché immobilier revigoré.

Les nouveaux arrivants ont contribué à la bonne santé des finances publiques des villes. Des fonds qui ont été dépensés pour les infrastructures, l’administration locale et les programmes sociaux. Les recettes fiscales des dix plus grandes villes ont augmenté en moyenne de 50% par habitant entre 1990 et 2016; à Bâle, l’augmentation a été supérieure à 90%.

«Les villes suisses connaissent un boom depuis le milieu des années 90 et leur facteur d'attraction demeure», affirme Peter Grünenfelder.

Mais Avenir Suisse avertit: «Les villes sont-elles prêtes à relever les grands défis des années à venir, liés à la transition démographique et l’avènement de la digitalisation ? Certains facteurs importants, ayant permis un essor des villes au cours des deux dernières décennies, disparaissent progressivement : l’immigration qualifiée diminue, la mondialisation est remise en question et il est peu probable que les recettes fiscales soient à nouveau aussi abondantes que par le passé.»


Traduit de l'anglais par Frédéric Burnand

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