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Edito Ce que Doris Leuthard a vraiment voulu nous dire

Noch-Bundesrätin Doris Leuthard

Doris Leuthard. Encore conseillère fédérale jusqu’au 31 décembre.

(Béatrice Devènes/Lunax)

Editorial French

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«Notre pays est fort, mais il est devenu plus vulnérable», a dit Doris Leuthard en annonçant son retrait du gouvernement. Un constat parmi d’autres à l’heure du bilan, mais de quoi parlait-elle? D’interdépendance internationale.

Larissa M. Bieler est rédactrice en chef de swissinfo.ch

(Nikkol Rot)

Des dossiers de plus en plus complexes

Les forces extérieures ont une très forte influence sur la politique suisse, a ajouté la ministre démissionnaire. «C’est une illusion de croire que nous pouvons tout contrôler nous-mêmes». Ce qui se passe à l’extérieur de ses frontières a des incidences multiples sur la Suisse. Le Conseil fédéral et le Parlement devraient davantage intégrer les thèmes complexes et tenir compte en permanence de ces influences extérieures dans leurs recherches de solutions.

Remarquez que Doris Leuthard en appelle ici à une nation qui a effectivement reconnu très tôt ce qui est devenu une nécessité dans le monde globalisé: soigner les relations, diffuser la solidarité et créer l’engagement. En tant que pays à quatre régions linguistiques, fondé sur la volonté du vivre ensemble, la Suisse a la balance des intérêts et l’équilibre entre aspirations et cultures différentes inscrits dans son ADN.

Sur cette base éprouvée, la Suisse a créé des conditions cadre qui peuvent être élargies. Une des forces de notre pays, même si elle est certainement ambivalente, c’est l’échange interculturel. Ce que le monde globalisé exige des autres pays est déjà une tradition en Suisse. Elle y a joué un rôle de pionnier. Serait-ce du passé?

La Suisse n’est pas seule à être unique

Depuis longtemps, la Suisse a élevé le cas particulier au rang d’un dogme – qui reflète avant tout son embarras face aux défis globaux. Récemment, une autre femme, qui a un certain poids sur la scène internationale, nous a tendu le miroir. Ursula Plassnik, ambassadrice d’Autriche en Suisse et ancienne ministre des Affaires étrangère de son pays, l’a relevé très clairement: «qui a de la peine à reconnaître que ses voisins ont aussi des systèmes politique valables aura moins de motivation à s’impliquer dans les grands thèmes d’avenir en Europe».

Et l’ambassadrice d’ajouter: «La singularité n’est pas un monopole suisse. Parmi les 193 membres des Nations Unies, chacun se considère - parfaitement à juste titre - comme unique, comme un cas particulier. De l’Afghanistan au Zimbabwe». Difficile d’y voir une simple pique. La réflexion devrait retenir toute notre attention, d’autant que critiquer le pays hôte lorsqu’on est ambassadeur étranger, c’est véritablement briser un tabou.

De fait, la globalisation, l’interdépendance de plus en plus étroite entre les pays contribuent à redistribuer les atouts et les risques. Et désormais à une vitesse époustouflante. Novartis supprime près de 2000 postes en Suisse. Ici, pas de place pour les émotions. Les Chinois ont depuis longtemps pris pied également en Suisse. La phrase de Doris Leuthard est à prendre comme un avertissement: pour la Suisse, rester à jour devrait être compliqué, car, même si nous sommes un pays occidental, nous ne sommes membres ni de l’UE, ni du G20, ni de l’OTAN.

En d’autres termes, une vision globale et un réseautage international auraient dû depuis longtemps constituer une stratégie de survie pour la Suisse. L’interdépendance toujours plus étroite de l’économie, de la politique, de la science et de la culture au niveau international déterminent l’avenir de la Suisse. Et que lui reste-t-il?

Formation et pouvoir de conviction

Ce qui lui reste, c’est la formation, et son application dans l’innovation. Et le pouvoir de convaincre. Indépendance et crédibilité, sécurité et stabilité, participation et démocratie, Etat de droit – toutes ces forces que l’histoire de la Suisse met à notre disposition. Cela ne nous rend pas uniques, mais l’identité politique de notre pays nous offre les prérequis pour jouer un rôle important dans la communauté internationale.

Et ne sous-estimons pas le rôle de médias libres. Ce que Doris Leuthard a vraiment voulu nous dire, c’était probablement moins un «merci beaucoup» que: utilisons notre indépendance comme une force. Et utilisons-la vite.


(Traduction de l'allemand: Marc-André Miserez)

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